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 Opération Sable rouge

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Fye
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Fye

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MessageSujet: Opération Sable rouge   Mar 10 Jan 2012 - 1:17

Le vaisseau de transport venait de traverser la couche atmosphérique de la planète rouge, et après avoir passé quelques contrôles de routine auprès des autorités locales, il put rejoindre Sanari à une centaine de kilomètre au Sud de la ville-centre, Pulsar. Le capitaine du vaisseau m'a assuré que nous étions presque arrivé; durant tout le trajet j'avais beau eu insister pour obtenir d'avantage d'informations sur ce qui m'amenait moi et mes hommes sur cette planète, le bonhomme restait de marbre. Au niveau de vie d'équipage, je contemplais le vaste sol poussiéreux de Mars à travers le point de vue babord, cela me rappelait le Sahara mais en plus rocailleux, et plus sombre aussi.

- Il doit vraiment pas faire bon de se balader sur Mars, hein Capitaine?

Le lieutenant Danes, mon second, venait de s'asseoir à côté. Aussi loin que remonte mes souvenirs, il a toujours était présent dans ma compagnie; c'est presque un porte-bonheur vivant pour moi, jamais nous n'avons échoué dans nos missions.

- Même l'Antarctique semble plus accueillant que cet endroit.
- J'ai fait quelques recherches là dessus, Capitaine. Là où on est, on aura pas trop à souffrir du froid, mais les températures restent tout de même négatives. On peut au moins se rassurer: les jours sont plus long de 40 minutes environ par rapport à la Terre.
- ça vous donnera l'occasion de flâner plus longtemps, Lieutenant.
- Ouais... J'espère que nos hommes resteront motivés.
- On a l'habitude des opérations très sérieuses, ça devrait bien se passer Danes.
- Je souhaite que vous ayez raison, Capitaine.

Danes me salua et retourna à ses quartiers. Je restais encore à regarder le paysage local, on apercevait les premiers immeubles de la petite ville, très sobre, épais. On contourna la zone habitée pour rejoindre directement l'exploitation minière à l'Est. Le vaisseau s'engouffra dans un tunnel pénétrant les couches inférieures d'un cratère pour rejoindre un petit hangar où nous attendait quelques soldats sans identification propre. A la première impression, on jurait des mercenaires ou une garde privée engagée par la compagnie minière en place, mais je savais très bien que ce n'était pas le cas. Un homme d'équipage vint me chercher pour me demander de débarquer. Alors que mes hommes déchargeaient leurs affaires et se faisaient guider par les gardes, je fus amené dans le bureau du responsable de la mine. Lorsque j'entrai, une femme aux cheveux courts aussi rouge que les roches de ces tunnels me fixa de ses yeux sombres.

- Bienvenue à Sarani, Capitaine Wilson. Je suis le Colonel Browel, responsable des opérations de l'Union Terrienne sur Mars.
- Merci, mon Colonel.
Lui répondit-je d'un salut militaire.
- Je suppose que vous avez beaucoup de questions. Asseyez-vous, je vais vous briefer.

Je pris un siège tout en restant droit, la colonel se pencha un peu et semblait comme me sonder. Je me grattai d'un air gêné, elle ne broncha pas et reprit:

- Capitaine Wilson, j'ai lu votre dossier. Vos états de services sont remarquables: lorsque vous étiez Lieutenant, vous avez combattu au Sahara et participé à plusieurs raides avec une petite équipe pour saboter des installations avancées de la GRS, vos opérations ont pour la plupart réussie, notamment celle où vous avez empêché l'arrivé de renforts ennemis sur un point stratégique de l'AAP. Ce succès vous a permis d'obtenir une promotion au rang de Capitaine. Ensuite, vous avez été muté à une compagnie dans un autre désert, glacial cette fois: l'Antarctique. Vous aviez pour mission de débusquer toute poche de la GRS qui tenterait de s'implanter, mission que vous vous êtes pour le moment acquitté en détruisant des installations secrètes ennemies.
- En effet Colonel, mais j'ai cru comprendre que maintenant ma mission avait changé.
- Tout à fait Capitaine. Vous et tout vos hommes ont été transférés ici pour répondre aux besoins d'une importante mission que l'Union Américaine prépare depuis bien avant la formation de l'Union Terrienne.
- Quel est cette mission?
- J'allais y venir. Tout d'abord, sachez que cette mine est notre quartier général. Depuis ici, je commande toute les forces de l'UT sur cette planète, principalement des forces UA comme vous pouvez vous en douter. Nous sommes installés dans plusieurs autres villes minières neutres, mais notre nombre reste limité. Officiellement, nous sommes la Société des Mines Rouges, ou SMR, une société privé qui exploite les ressources locales. Une forte taxe nous pousse à devoir céder une importante part de notre exploitation auprès des conseils locaux qui se chargent ensuite de transférer le tout aux forces armées de la GRS. Cette couverture nous permet d'acheminer du matériel et des hommes en toute discrétion vers les mines grâce au marché noir que nous avons mis en place. Notre objectif était de pénaliser et corrompre les forces de la GRS en place sur Mars. A terme, nous visions Pulsar. Cependant, les choses se sont brusquement accélérées.
- Je me doutais bien que vous ne m'aviez pas fait venir jusqu'ici pour rien.
- Oui. Vous vous doutez que vos talents d'infiltration en condition extrême vont être mis à contribution. Vous n'êtes pas sans savoir que les forces de la GRS ont sérieusement avancé en Amérique du Sud; bien que l'UT ait pris la responsabilité de cette mission, l'Etat Major de l'UA ait parvenu à obtenir l'autorisation des alliés pour lancer une attaque éclair sur Pulsar prochainement, en représailles. Ceci n'était pas prévu au programme, nos unités sont suffisamment nombreuses et efficaces pour prendre le contrôle direct de plusieurs villes momentanément, mais nous serions inefficace contre Pulsar...
- Pourtant, vos supérieurs vous demande de prendre Pulsar, intéressant.
- Intéressant ne serait pas vraiment le mot, mais peut-être aimez-vous le danger, Wilson?
- Disons que c'est un sacré défi que vous avez là, mon Colonel.
- Vous ne croyez pas si bien dire. Si nous voulons réussir, il faut effectuer une attaque d'une extrême précision, frapper directement là où ça fait mal. J'ai soumis un plan aux généraux sur Terre, et j'ai obtenu leur autorisation pour le mettre en place, d'où votre venue.
- D'accord. Quel est le plan, mon Colonel?
- Je ne peux vous révélez les détails pour le moment. Tout ce que vous aurez à savoir pour l'Opération Sable rouge vous saura dit en temps voulu. Pour le moment, vous savez pourquoi vous êtes là et ce que nous attendons de vous. Vous pouvez romper, Capitaine Wilson.
- Juste une question, mon Colonel...
- Un soldat vous attend à la porte pour vous conduire à vos quartiers et les installations sur lesquelles vous pourrez travailler. N'oubliez pas que nous sommes officiellement une société privé, capitaine.

Je hochai la tête en approbation, la salua et me retira. Le garde me conduit vers mes hommes, installés dans une grande pièce départagée en plusieurs compartiments de travail. Le Lieutenant Danes s'approcha et me demanda ce qu'il en était. Je lui demandai de réunir les hommes en salle de briefing d'ici une demi-heure pour faire le point sur notre situation. En vérité, je ne pouvais redire que ce que le colonel Browel a bien voulu me révéler. Pour le moment, nous étions un peu coincé dans cette base et nous devions récolter des informations générales du terrain et de l'organisation pour préparer au mieux notre prochaine mission.

~ ~ ~

Les rations militaires sur Mars n'ont d'égale que les rations militaires en antarctique: froide, voir congelée. En un mot: dégueux. Je plaisantais là dessus avec le Lieutenant Danes au restaurant de la mine. Il me dévisageait d'un air idiot en engloutissant une cuillerée d'une curieuse mixture. Heureusement, les cuistots nous promettaient des améliorations d'ici quelques jours avec les prochaines livraisons de la Terre. Lorsqu'il finit, il souffla un bon coup et se pencha sur sa chaise. Je lui demandais s'il allait bien, il me répondit que non, bien sûr.

- Vraiment Samuel, tu dis n'importe quoi. Le voyage Terre-Mars a du te déboussoler, ha ha!
- On dit "Capitaine Samuel Wilson", "Lieutenant David Danes".
Affirmai-je avec de grands airs.
- Oui Sam, je sais, mais laisse-moi manger ce... Ce truc! ça a bon goût, suffit de penser que c'est une bonne purée parfumée à la lavande.
- A la lavande, hein...
- C'est une idée, non? Sinon, Samuel, tu sais comment ils ont fait les "ricains pour que les extra-terrestres n'aient rien débusqué encore? Je sais pas toi, mais contrairement à nous, ils ont l'air de faire du travail de merde.
- Je sais pas David, j'dois dire que j'me suis pas posé la question encore. De ce que j'ai pu voir, le contrôle de l'armée est concentré sur Pulsar, qui contrôle tout à distance. Vu comme ça, les villes secondaires, ils s'en foutent un peu temps qu'elles rapportent des ressources, tu vois?
- P'être bien. En plus, les villes-colonies de Mars sont neutres normalement, même si on sait que la GRS les surveille, mais pas trop apparemment.
- Oui. J'ai vécu pas mal de missions, mais celle-là va être la plus dure: si tout est concentré dans le noyau, va falloir taper vraiment fort et juste pour le casser. Espérons que le colonel sait ce qu'elle fait.
- J'me suis renseigné sur elle, Samuel. C'est une experte dans la stratégie militaire, grâce à elle l'avancée de la GRS a pas mal été endigué au Brésil au début de la guerre, même si ça n'a pas tenu bien longtemps.
- J'ai peur qu'elle nous ne dise pas tout, ça a l'air d'être la mode ici.
- C'est une opération Top Secrète aussi, sur Terre il ne doit y avoir que les généraux et quelques subalternes biens avertis qui sont au courant de ce qu'on fait. Je pense que le Colonel a raison: mieux vaut que nous ne sachions que ce que nous devons faire précisément, ça limite les risques si un d'entre nous se fait coincer. Regarde par exemple là bas les deux guss: rien sur leur uniforme n'indique ce qu'ils font ici exactement, pareil pour nous.


J'aime discuter avec David, il a toujours une vision des choses très juste. Moi qui ne me pose pas trop de question et qui me contente d'exécuter une opération comme il se doit, il prévoit toujours les petits détails à côté pour arrondir les angles. Je sais que sans lui, on ne saurait pas sorti indemne de notre infiltration de la base GRS en Antarctique, on avait sacrément bien nettoyé le secteur et les renforts n'ont eu qu'à prendre les restes. Là-bas encore on était sur notre sol, ici ce n'était plus pareil: attaquer la GRS sur son terrain était à la fois terrifiant et terriblement existant. Cela ne m'empêchait pas de garder mon calme contrairement à certains excités américains; j'ignore ce qu'il en était de mes hommes mais puisque nous étions tous australiens je suppose qu'ils en pensaient de même.

~ ~ ~

Il ne fallut guère plus de quelques jours à ma compagnie pour trouver ses repères au sein de la mine, le colonel Browel venait de me contacter pour organiser un briefing avec tout mes hommes pour révéler les détails de notre mission. La salle était rectangulaire avec plusieurs lignées de siège, ça ressemblait de loin à un amphithéâtre sauf qu'il n'y avait pas de tableau mais un écran de grande taille relié à divers capteurs et ordinateurs. Le Colonel et moi-même étions postés sur le côté et attendions patiemment que les soldats prennent place. J'aurai souhaité discuter un peu avec elle, mais elle semblait très distante et professionnelle dans ses rapports, ou alors c'est simplement que je n'osais pas me lancer. Browel s’assit devant un des ordinateurs et vérifia des données qu'elle corrigea. Quelques minutes plus tard, le briefing débuta avec une carte générale de Pulsar et ses alentours en toile de fond.

- Bonjour messieurs, dames. Je suis le colonel Browel, responsable de cette base et des forces de l'Union Terrienne en présence sur Mars. Comme vous avez pu l'apprendre de votre capitaine, nous sommes ici secrètement avec la couverture de "SMR", qui a pour objectif d'investir les mines martiennes afin de pénaliser les forces ennemies en présence. Toutefois, les choses ont évolué et c'est pour ça que j'ai fait appel à vous. Sous ordre de l'Etat Major sur Terre, nous avons pour mission d'investir Pulsar, et pour ce faire votre travail sera d'un grand secours. Qu'est-ce que j'entends par "investir"? J'entends par là que nous devons prendre la forteresse à la GRS et ce, en minimisant au maximum nos pertes et les installations en place. L'Etat Major veut cette ville, et elle la veut intacte. Cette mission, nommée "Opération Sable rouge", consiste pour vous à trouver le moyen d'infiltrer la forteresse ennemie pour d'abord y récolter des informations, puis la saboter pour enfin nous donner l'avantage via une frappe éclair. A priori, ça a l'air simple, mais c'est loin de l'être. Les installations militaires sont au coeur de la ville, dans un bâtiment de très grande envergure, un peu une ville dans la ville. D'après d'autres agents, la base possède un hangar à vaisseau, une piste d'envol pour l'espace, deux compagnies de MS plus une sur le réseau, et de nombreuses forces d'infanteries. Nous ne connaissons pas l'étendue du matériel disposé pour la sécurité, ni le nombre exact des forces en présence, mais j'ai supposé que la GRS n'ait pas laissé énormément de moyens au sol martien pour riposter à une attaque terrestre. Ça sera à vous de me confirmer tout ces détails ou de les infirmer. Lorsque cela sera fait, vous devrez parvenir à trouver le moyen de saboter efficacement ses installations de manière à assurer notre victoire lors de l'assaut final. Sur ce point, nous reviendrons une fois des informations obtenues. Des questions? Aucune personne ne se prononça. J'en profitai pour m'avancer à mon tour et prendre la parole.
- Mon colonel, si vous le permettez?
- Faîtes, capitaine Wilson.
- Merci. Soldats, comme l'a très bien dit le colonel Browel, cette opération est extrêmement délicate. Je vais avoir besoin de toute votre attention et votre sérieux pour la mener à bien. Cette fois, nous n'irons pas chasser des extra-terrestres de chez nous, mais bien de chez eux! J'ai besoin des personnes les plus motivées et les plus en forme pour m'accompagner dans la forteresse ennemie. Trois équipes iront sur le terrain, les autres resteront ici. Parmi celles sur le terrain, une se chargera de surveiller l'activité ennemie, une autre s'infiltrera dans la base et la dernière se chargera de relayer l'information. Qui est volontaire?


La question avait de quoi surprendre. A l'habitude, je choisis sur le volet les soldats qui m'accompagneront sur le terrain, et généralement les équipes restaient les même, mais pour cette fois, l'opération était suffisamment sérieuse et risquée, il ne fallait sous aucun prétexte que l'on échoue ou sinon toutes nos forces sur Mars seraient en danger. Je balayais l'assemblée du regard et quelques mains se levèrent: Le Lieutenant Danes se proposait comme toujours, quelques habitués se rangeaient aux côtés de leur sergent, et à mon étonnement quelques soldats d'autres équipes se proposèrent. Je pus dégager trois équipes d'intervention que je conservais pour la suite du briefing, tandis que les autres soldats avaient permission de retourner à leurs occupations. Le colonel se retira en nous laissant un message d'encouragement.







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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Mar 10 Jan 2012 - 4:46

Une camionnette sur coussins d'air débarquait au coin d'une ruelle menant directement sur les murs des installations militaires de la GRS, à Pulsar. Jusque là, rien de plus banal même si l'idée d'avoir une voiture "volante" m'amusait, sur Terre j'étais encore habitué aux véhicules sur roues. Ici, les routes ne sont même pas goudronnées, il n'y a guère que des signalisations pour s'y retrouver; au moins ils savent faire des économies. Cette remarque pertinente de mon sergent m'avait fait sourire, l'équipe était détendue et c'était bon signe.

- Vous êtes prêt, Capitaine?
- Toujours. Sergent Makens, je vous laisse la camionnette. Est-ce que le Lieutenant Danes est en position?
- Son équipe est en place, je le préviens de votre arrivé.
- Parfait. En avant!


Je descendis sur le trottoir de poussière avec trois de mes hommes, nous étions habillés en travailleurs de la SRM. Grâce au soutien du colonel, nous avions obtenu un entretien au nom de la société auprès d'un haut placé de Pulsar, le colonel Vikir, pour négocier les ressources que nous devons à la GRS pour exercer les activités minières. Par expérience, je savais que nous serions escorté par quelques soldats à travers la base et que nous aurions à passer de nombreux contrôles; le plus difficile était dès lors d'arriver à échapper à leur vigilance. Il existait deux entrées: une pour les véhicules voir même les petits vaisseaux à en croire la taille de l'édifice , et une pour les piétons. Notre première initiative fut d'entrer par la voie véhicule, réservée au personnel de la base. Du peu que j'ai pu en voir avant de me faire raccompagner, c'est que cela débouchait vers un passage souterrain, il n'était pas difficile de comprendre que les choses qui prennent de la place sont enfouis en sous-sol. Maintenant, il restait à savoir ce que pouvait bien manigancer la GRS en surface. Arrivé dans le hall que des soldats bien attentionnés nous ont montré non sans bousculade dans le dos, je me suis rendu auprès du secrétaire militaire d'un air étonné, mes acolytes derrière moi.

- Excusez-moi, auriez-vous un plan de la base?
- Pardon?
- Nous avons rendez-vous avec un de vos... Supérieurs, nous risquons d'être en retard mais nous ne connaissons pas le chemin.
- Votre nom?
- Nous sommes les représentants de la Société des Mines Rouges, mais j'ai oublié avec qui nous avons rendez-vous... Euhm Clark?

La personne que j'appelais Clark fut le premier dont je pus attraper le bras, manque de bol c'était la Caporale Fiopers, pour un nom féminin c'était raté.
- Euh oui, avec le Colonel Vikir, monsieur.

Le soldat nous regarda d'un air perplexe, puis valida notre demande en nous transmettant un badge de visiteur. Il fit appeler une escorte pendant que je faisais signe à mes hommes que je "partais aux toilettes". Maintenant, il restait pour eux de convaincre les soldats GRS que je les rejoindrais et qu'il n'était pas la peine de m'attendre. Profitant du passage pour soulager un besoin, je revins en prenant un air abruti devant le secrétaire. Celui-ci me fit signe de me dépêcher pour les rattraper. Je pris le couloir principal et dévia vers des escaliers déserts, la sortie de secours à première vue.

- Ma chérie, c'est papa.
- Je vous reçois, Capitaine.
- Oui, tu sais pour Noël, tu voulais un caméscope, malheureusement je n'en trouve pas. Je te laisse, je vais prendre l'escalier pour les pompiers.
- Ok, pas de caméras dans les escaliers de secours. Transmettez ça au Lieutenant Danes. Merci Capitaine.
- Au revoir ma puce.


Je réglais mon appareil pour entendre ce qu'il se passait du côté de mes hommes dans le bâtiment, ils prenaient actuellement l'ascenseur vers l'étage. Je pris donc la direction des sous-sols, au plus bas de l'escalier. J'aurais souhaité voir l'existence d'un autre petit panneau de sortie de secours, mais il n'y en avait aucun. Pourtant, à croire les vitres, je n'étais pas encore tout un bas, mais bien en haut: devant moi s'offrait une magnifique vue plongeante sur les hangars. Je réglais mon bouton de col pour ajuster la micro-caméra et filmer les alentours en toute impunité. Les agents que le colonel avait précédemment envoyé ne se trompait pas: il y avait deux espaces de stockages pour les MS mais impossible de savoir quels modèles. En regardant sur le plafond, j’apercevais une énorme sortie menant au toit, de quoi laisser passer des vaisseaux. Pas de véhicules aériens par contre, que des véhicules blindés conventionnels et des chars, une bonne vingtaine depuis ce que je voyais. Un détails attira mon attention: il y avait comme une limite brusque sur le plancher du hangar, formant un énorme rectangle en étroite relation avec l'entrée au plafond. Soudain, celui-ci s'ouvrit doucement et laissa jaillir un frégate. Une main me tapa l'épaule, je sursautai:

- Du calme, monsieur! Que faîtes-vous ici?
- Ah, je... J'étais avec mes amis pour rencontrer un de vos officiers et je... Quand je suis passé devant ça je n'ai pas pu m'empêcher de l'admirer.
- Oh, vous parlez du Pulsar?
- Oui, beau vaisseau de guerre.
- C'est vrai, c'est la fierté de notre base, c'est pas pour rien qu'ils ont le même nom. Avec un groupe de ces vaisseaux, on peut repousser une attaque sur Pulsar de n'importe qui! Que les terriens osent venir, ha ha!
- Vous êtes sûr? Vous n'avez rien d'autre pour nous défendre?
- Si, on a un croiseur en réserve, après on garde de la place pour les vaisseaux de transports et de passage. On pourrait contenir une flotte ici, pas de risque en cas d'attaque, c'est certain.
- Pardonnez mon ignorance, mais c'est un peu risqué cette sortie, non?
- Non, y a jamais eu de problème. Généralement les vaisseaux passent par le couloir d'hyperpropulsion menant à l'extérieur de la ville, pour décoller directement dans l'espace. Là c'est l'entrée en douceur on va dire. Bon, c'est pas que j'ai du boulot, mais vous, faut vous ramener.
- Euh oui, vous pourriez me ramener au hall, je m'occuperai avec le secrétaire, ça vous évitera un déplacement inutile.


Le soldat approuva et m'escorta vers l'ascenseur le plus proche. Une fois dans le hall, il me fit un signe et me laissa. Le secrétaire ne s'étonna qu'à moitié de me voir et prit un air mauvais en me demandant d'aller dans la salle d'attente. Je saisis mon téléphone et fit semblant de composer un numéro.

- Allô, c'est papa. J'attends sagement ta tante dans le hall, elle va pas tarder. Tu devrais dire à ton oncle de mettre ses lunettes rouges, il y a des trous dans le sol, et ça sort de la maison.
- Capitaine, j'avoue que j'ai du mal à vous suivre, soyez plus clair.
- Un tunnel, mais non, pourquoi voudrais-tu qu'il y ait un tunnel sortant de la maison? C'est des égouts ça.
- Ok Capitaine, je crois comprendre. On va demander au Lieutenant de passer les sols alentours au scanner, terminé.
- A ce soir, ma coccinelle.


Je raccrochais mon téléphone sagement et m'enfonça dans les coussins du siège. Une femme avait surpris ma conversation et me demanda si c'était ma fille, je lui répondis que oui. Elle prit un café à la machine et s'assit à côté de moi. A première vue, c'était une des soldats chargée de l'administration.

- Vous avez des enfants vous aussi?
- Non, pas encore. C'était en projet, mais la guerre, vous voyez...
- Oui, je comprends. Vous le reverrez bientôt?
- Je l'espère, il est actuellement sur Terre. Je m'inquiète beaucoup, il y a eu de violents combats ces derniers temps. Il parait que les terriens ont utilisé une bombe atomique qui a rasé toute une flotte.
- C'est des monstres.
- Oui... Le conseil a raison de vouloir les instruire, sinon ils feraient tout exploser, mais cette guerre est trop longue. Je souhaite qu'elle se termine.
- Tout le monde le souhaite, madame. La paix serait si bien mais pour cela, il faudrait qu'on s'entende...
- Les Terriens ne veulent rien entendre de toute façon, alors à quoi bon... Tout s'arrêta lorsqu'ils comprendront que leur effort est vain et qu'ils doivent capituler.
- Je doute qu'ils le fassent, ils ont peur de ce qu'ils pourraient leur arriver s'ils perdaient.
- Pourtant, ils ne devraient pas! Le conseil l'a dit, nous allons les éduquer et ainsi l'humanité sera sauvé du désastre.


Je n'osais répondre à cette remarque, cette femme me mettait dans une situation relativement délicate. Il était pourtant facile de jouer le jeu, mais ma fierté en prenait aussi un coup. Leur arrogance les perdra.

- Désolé, je ne me suis pas présentée. Sergent Lise Garnus, je travaille en temps que secrétaire pour l'armée; et vous?
- Je suis... Sam Fisher, employé à la Société des Mines Rouges. Enchanté.

Je lui souris brièvement, mais le temps commençait à passer. Il n'était pas bon de faire connaissance avec l'ennemi, même si je balance des pseudonymes en couverture. Je lui fis signe que je devais y aller, elle fit de même. Mes compagnons arrivèrent dans le hall, nous sortîmes ensemble d'un air apaisé et retournèrent vers la camionnette en attente.

~ ~ ~

De retour à la base, le colonel nous convoqua aussitôt pour un débriefing. Elle avait à coeur de savoir ce que nous avions rapporté. Cette fois, nous étions réunis autour d'une table ovale très allongée, avec notre supérieur au bout. En temps que capitaine et responsable de la mission, elle s'adressa en premier lieu à moi. Je lui confirmai quelques informations à propos des forces ennemis en présence pour les vaisseaux et véhicules, mes hommes ajoutèrent qu'il devait y avoir un régiment d'infanterie complet sur les lieux, réparti dans des bases avancées et dans la forteresse. Je n'oubliais pas d'ajouter qu'il existait bien une piste de décollage, mais passant sous la ville, le Lieutenant Danes a été en mesure de la localiser et de déterminer sa sortie en la remontant, à quelques dizaines de kilomètres du centre. Pour ce qui est des armes fixes, la base ne comporterait pas énormément de tourelles à cause des civils en présence supposions-nous, mais l'élément important était que la forteresse était alimenté par une réserve d'énergie située au second sous-sol; l'équipe de Danes l'avait repéré par hasard en effectuant des mesures à l'insu des gardes. Cependant il était fortement probable que des sources auxiliaires d'alimentation soient réparties ailleurs. La colonel parut très intéressée par nos découvertes, elle nous demanda la position exacte des stockes d'armes et de l'Etat-Major de la forteresse. Mise à part les bureaux des officiers supérieures, nous n'avions pas pu identifier les bureaux des officiers généraux, et encore moins l'emplacement des armes ennemies.

- C'est une bonne avancée, il me faudrait juste savoir quelle est leur source d'énergie principale et où se trouvent les quartiers de l'Etat Major. Vous seriez prêt pour une seconde infiltration?
- Cela me semble risqué, mon colonel...
- Mais c'est jouable, capitaine Wilson?
- ça devrait l'être, mon colonel.
- Dans ce cas, préparez-vous pour une seconde mission. Je vais recontacter leur base pour demander un rendez-vous avec un général et pas ce colonel. Si j'ai bien compris vous n'avez obtenu aucun accord, caporale?
- Aucun, mon colonel, il était très méfiant, on ne lui a soutiré aucune information.
- Très bien. J'attends vos rapports dans mon bureau d'ici ce soir. Rompez.


Et elle s'en alla sans demander son reste. David d'approcha pour laisser échapper un de ces sarcasmes habituels sur les supérieurs hiérarchiques un peu imbu de leur personne. Il était persuadé qu'elle n'avait qu'une idée en tête: le poste de général après avoir pris la forteresse. Il n'avait peut être pas tord...


Dernière édition par Fye le Mer 11 Jan 2012 - 5:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Mar 10 Jan 2012 - 18:32

Mon rapport étant rédigé, j'étais allé faire le tour des différentes équipes pour connaitre leurs résultats de recherches actuels. Avec les observations et mesures relevées sur le terrain, ils purent déduire plusieurs informations en les croisant avec les données de la base, mais rien de vraiment tangible se dégageait pour préparer une mission de sabotage. Malgré tout, je restais perplexe quant à la possibilité d'y retourner pour y faire des observations plus approfondies:

- Avec le respect que je vous dois, capitaine, si on ne prend pas le risque, on aboutira à rien...
- Sergent, j'ai déjà réussi des missions de sabotages en ayant très peu d'éléments du terrain. Certes, ici nous avons affaire à une forteresse très bien gardée, mais prendre le risque de s'introduire dans leur base de données est très risquée pour l'opération; on ne doit absolument pas éveiller les soupçons.
- Je le sais, mon capitaine, mais il doit bien exister un moyen de récupérer des données clefs, sans quoi c'est l'opération elle-même qui risque d'échouer en cas de manque de précision de notre part. Souvenez-vous que le colonel veut une frappe direct dans leurs défenses...
- Je sais, Sergent, je sais...

Cela avait de quoi donner la migraine. J'avais donc deux possibilités: une infiltration en douceur comme la fois précédente, ou une infiltration agressive en contournant les protocoles de sécurités et informatiques de la forteresse. Même si je restais sur ma position, il faudra bien durant le sabotage avoir accès à la base de données, mais cette fois-ci nous aurions tout à jouer. Si cela ne touchait que mes hommes, sans hésitation j'aurais attendu l'opération de sabotage pour agresser leur réseau, or nous avons d'autres équipes en dehors de ma compagnie qui compte sur ces résultats.

- Bon, j'attends les équipes de terrain en salle de briefing dans une heure. Je vais remettre les rapports au colonel.

~ ~ ~

Finalement, le colonel et mes propres soldats ne m'avaient pas laissé le choix: la mission allait être fait avec agressivité. Pour ce faire, l'équipe spécialiste dans l'informatique nous a concocté un programme de déchiffrage des codes d'accès de la base qui devrait nous faciliter la tâche. Le plus dure était de réussir à prendre possession d'un ordinateur en tout impunité, et de se connecter avec les accès d'un officier supérieur pour être sûr d'obtenir les informations capitales. Le colonel Browel avait réussi à obtenir un second rendez-vous avec le fameux colonel Vikir, d'après mes hommes il n'y avait qu'une caméra dans son bureau, mais peut-être existait-il des micros de surveillance. Pour minimiser les risques, j'ai décidé d'y aller seul.

- Vous êtes sûr de votre coup, capitaine?
- Ne vous inquiétez pas, le temps que la sécurité remarque quoi que ce soit, je serais déjà parti. Assurez-vous que la diversion fonctionne, Caporale.


Nous nous séparâmes dans le hall, je me présentais à nouveau à l'accueil devant cette tête d'abruti, qui à en croire son regard désinvolte, ne pouvait pas me saquer. Il se pencha pour apercevoir mes compagnons, je le coupais net en disant que cette fois ils m'attendraient ici. Un garde m'escorta dans les couloirs principaux et jusqu'à l'étage des officiers supérieurs, où le colonel Vikir m'attendait. Maintenant, il fallait savoir si le colonel était aussi perspicace que ce qu'on m'avait rapporté. Peu avant que le soldat n'ouvre la porte, j'enclenchais un brouilleur dans ma poche que je plaquais délicatement contre le mur de la pièce: si tout se passait bien, les micros et la caméra étaient devenu inopérant à cause de signaux saturants. Lorsque mon garde quitta la pièce et referma la porte derrière lui, je m'avançai nonchalamment vers le colonel et fit mine de me prendre les pieds dans le tapis et de tomber sur la table: me rattrapant à son bras, j'en profitais pour lui injecter une dose de tranquillisant pour l'assommer un petit moment. A son réveil, il n'aura aucun souvenir de m'avoir vu.

- Allô mon poussin? Je suis occupé avec un grand monsieur, j'espère que tu ne fais pas de bêtises. A tout à l'heure.
- Reçu capitaine, la diversion est en marche.


Si tout se passait bien, la sécurité de la base serait occupée à régler une querelle assez violente dans le hall entre deux individus au lieu de surveiller que tout le réseau de surveillance fonctionnait. Cette idée était de mon lieutenant, j'étais pas franchement convaincu mais je n'avais plus vraiment le choix. J'entrais dans l'ordinateur la clef de piratage et commençait à déceler quelques codes d'accès menant à des fichiers top secret sur la base. Je faisais le tri sur le volet des informations importantes, le mieux était d'en soutirer un maximum en ciblant d'abord les fichiers voulus par le colonel Browel.

- Capitaine, la diversion a tourné court, faîtes vite!
- J'arrive.


Les plans étaient copiés, ainsi que des fichiers sur les effectifs et les activités du colonel. J'effaçai les données de navigation et revins sur l'écran initial. Avant de partir, je repris le brouilleur sur le mur et fis signe au soldat de me raccompagner, en me montrer un peu énervé comme si les négociations s'étaient très mal passées. Un signal me transmit que mes hommes avaient quitté le bâtiment, chassés par les forces militaires. Je me dépêchais de sortir lorsqu'une connaissance m'interpella:

- Tiens, Me. Fisher, bonjour.
- Euh Bonjour... Sergent, comment allez-vous?


Que me voulait-elle, et pourquoi lui demander si ça allait? Je devais m'en débarrasser au plus vite, en jetant un oeil autour de moi j'aperçus quelques soldats se hâter vers ma direction, ils avaient sûrement remarqué le problème.

- Désolé Sergent mais...
- Quelque chose ne va pas?
- Tout va bien, mais j'ai...


Merde, cette fois c'était certains, ils m'avaient repéré. Il fallait que je me débarrasse de la clef au plus vite. Ni une, ni deux, je tombais dans les bras du sergent comme si j'avais un malaise, et en profitai pour glisser dans une des poches de son uniforme les précieux renseignements. J'eu à peine le temps de de m'excuser que l'un des soldats m'empoigna par le bras et me jeta par terre en me menaçant de son arme de poing:

- Vous, ne bougez plus!
- Que se passe-t-il?!
- Ne vous en mêler pas Sergent! C'est un espion. Allez, envoyez-moi ça dans les cellules!


~ ~ ~

Ainsi c'est à ça que ressemble les prisons de la GRS? Je ne vois pas énormément de différence avec celle de la Terre, elles sont tout aussi inconfortables et malodorantes que celles que nous avons; et dire que ça se prétend "supérieur"... Je me laissais glisser contre la paroi humide du mur pour retomber peu à peu sur le lit suspendu ou plutôt cloué dans le mur à l'aide de barres transversales. Pour être sûr que je ne puisse pas m'enfuir, les soldats m'avaient retiré ma combinaison de survie. Si je tentais de sortir dehors, il y avait de forte chance que je meurs gelé et asphyxié. Remarque, j'avais l'habitude de ce genre de problème, ce n'est pas comme si c'était la première fois que je me retrouvais emprisonné, sauf que généralement mes hommes ne tardent pas à venir me secourir. J'espère que David n'allait pas traîner, et puis c'est à cause de son plan foireux qu'on en est là!... Je devais quand même admettre quant en que son supérieur hiérarchique, je devais assumer d'avoir donner l'ordre d'appliquer ce plan, ce qui évidemment ne changeait rien à ma situation. Alors que je me posais la question de savoir quand est-ce que je serais interrogé, un soldat se pointa d'un air menaçant et m'ordonna de le suivre. Je le fis tranquillement ce qui n'était pas de son goût à en croire le coup reçut dans les côtes avec son arme de service. Quel abruti... La pièce servant pour les interrogatoires n'avait rien à voir avec ce qu'on peut voir dans les films: elle était bien éclairée, les murs étaient rembourrés pour encaisser les chocs et il n'y avait aucun garde à l'intérieur. On me menotta à une chaise en bois clouée au sol, il n'y avait personne pour me faire l'interrogatoire. Je souris bêtement: étais-je une personne hautement contagieuse? Peu de temps après, un homme assez maigrichon et l'air blasé se présenta à moi et prit place sur un siège qui sortit du sol.

- Bonjour, je suis le Major Saklam. Il y a bien longtemps que je n'avais pas eu affaire à un espion...

Je ne lui répondis pas. Il me fixa encore plus profondément comme pour pénétrer mon être, mais ça ne marchait pas avec moi. Il croisa ses mains délicatement devant lui puis commença à réciter son discours:

- Vous avez été surpris d'avoir attaqué le colonel Vikir. Nos soldats ont relevé un brouillage de nos systèmes de surveillance, en plus du fait que le colonel avait reçu un puissant sédatif. Nous avons retrouvé une petite seringue, un brouilleur, une oreillette et une arme à feu dans votre combinaison. Vous pouvez m'expliquer ce qu'un employer de la Société des Mines Rouges faisait avec un tel matériel?

J'ignore s'il soupçonnait directement la SMR, mais il fallait que je les couvre au risque d'en payer le prix ici. Cependant, si je crachais l'information aussi facilement, je prenais le risque qu'ils pensent que je cachais quelque chose, et donc qu'il comprenne finalement ce que je cherchais à ne pas dire.

- Vous n'êtes pas très loquace monsieur... Fisher? C'est bien ça? Où n'est-ce qu'une couverture? Que faisiez-vous dans le bureau du colonel Vikir?

Je restais de marbre. Pour le moment, il n'avait aucune piste sur laquelle se rattacher et c'était mieux ainsi. Il semblait prendre son mal en patience et continua à me fixer.

- Nous avons appelé votre Société, elle nie vous connaitre. Vous vous êtes servis d'eux pour nous soutirer des informations? Nous savons aussi que vous n'étiez pas seul, nous retrouverons vos complices et nous les ferrons parler.

Tactique habituelle, même si j'étais venu complètement seul il l'aurait dit. Je savais très bien qu'il n'avait aucun moyen de remonter jusqu'à eux, à moins d'enquêter directement sur la SMR, mais je pensai que le colonel Browel ne les laisserait pas faire. Le major laissa un blanc de quelques minutes puis me renvoya dans la cellule pour me réinterroger plus tard. Il me menaça de bien réfléchir car la prochaine fois il serait beaucoup moins tendre. J'avais bien envie de lui dire "cause toujours", mais je préférais rester blaser.
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Mer 11 Jan 2012 - 9:15

Pour passer le temps dans ma cellule, j'avais récupéré un morceau usé d'un barreau de mon lit et je m'amusais à graver avec la poussière de bois des mots sur les murs, que j'effaçais au fur et à mesure en frottant. J'avais fait le tour de la pièce, il n'y avait rien de spécial et tout était froid et sombre, la seule lumière émanait d'une ampoule suspendue et enfermée dans un dôme de plastique. Je me mis à pester contre elle durant une bonne demi-heure, sous prétexte que je ne pouvais pas fermer l'oeil. Le soldat qui surveillait la porte n'avait pas bronché jusque là, mais il craqua et éteignit la lampe sans manquer de me gueuler un bon coup dessus pour calmer ses nerfs. Je ripostais en l'insultant puis je feintai de m'écrouler de douleur en me tenant le ventre. Le garde entra en s'approchant de moi et se moqua ouvertement de mon sort. Il me donna un violent coup de pied, que j'anticipais en me contractant. Je saisis alors sa jambe et y planta avec hargne le morceau de bois que j'avais aiguisé. Sautant pour retrouver l'équilibre, je lui mis un coup dans le ventre pour le plier en deux et attrapa son cou. Une fois asphyxié, il s'écroula au sol, évanoui.

- Je savais bien que tu n'étais qu'un abruti...

Maintenant que le garde était neutralisé, sortir de cette forteresse vivant allait être compliqué. Je pris sa combinaison et me servit du drap du lit pour enrouler le trou ensanglanté dans le pantalon. Je refermai la porte de la cellule après avoir l'avoir bien ligoté; je mettais la GRS au défi de le retrouver rapidement dans cet état, mais le vrai défi était que je parvienne à leur glisser sous les doigts. Les couloirs n'arrangeaient rien, j'ignorais où je me trouvais dans la forteresse et cet endroit était pour moi un vrai dédale. Je faisais profil bas avec le casque sur la tête de manière à ce que les caméras ne me reconnaissent pas et passai les portes de sécurité avec le badge. Jusque là, tout semblait aller pour le mieux, jusqu'à que ma radio se mette en marche.

- Soldat Brens, vous me recevez? Soldat, répondez, c'est un ordre.

Je reconnus la voix du Major, je me cachais dans une salle à proximité, à priori sombre et lui répondit d'une voix étouffée.

- Je... Je vous reçois, Major.
- Vous allez bien?... Je veux que vous m'apportiez le prisonnier, nous allons continuer l'interrogatoire. Pensez à prendre un taser avant.
- Euh... Où sont-ils déjà?
- Dans la salle 624, Soldat. Vous êtes sûr que ça va?
- Tout va bien Major, merci. Je vous amène le prisonnier, terminé.


Un taser? Quelle crevure, je savais bien qu'il pesait ses mots en me menaçant. Par contre, je devais le remercier pour la salle des armes, ça allait m'être utile. Je vérifiai le numéro des portes, je n'étais pas loin. Cependant, à ma grande stupeur je pus voir qu'un petit groupe de soldats s'agitait dans le couloir y menant, le Major à leur tête. Merde, il était plus malin que je le pensais... Je rebroussais chemin mais j'entendais les soldats accélérer le pas dans ma direction, je fis de même et à un tournant, je tirais une balle de pistolet de manière à les faire penser que je m'enfuyais dans l'autre couloir, alors que je me faufilais dans une autre salle à proximité. Cette pièce devait être une chambre, il n'y avait que de ça à cet étage. Dans les effets personnels je récupérai un chargeur neuf et deux grenades. Pour une base qui n'essuie jamais d'attaque, il était parfois bon de voir qu'il y avait malgré tout quelques paranos pour conserver du matériel dans leurs affaires. Je sortis en catimini en faisant attention dans chaque direction, puis je pris le couloir vers la salle d'armement. Quelques gardes surveillaient l'entrée mais le Major n'était pas là. Je fis rouler lentement la grenade vers leur position, ils n'eurent pas le temps de se sauver, l'explosion retentit sur eux. La fumée n'étais pas dissipé que je pénétrais déjà dans la salle d'armement. Je pris un fusil d'assaut et quelques autres armes de poings, des explosifs et des équipements supplémentaires avec une combinaison neuve, celle que je portais ne m'aurait pas permis de sortir dehors. L'alarme s'enclencha officiellement, la base était en alerte. Je plaçais une charge explosive et partit en courant au bout du couloir, je surpris deux hommes qui ne purent rien faire contre une rafale de balles à bout portant. La seconde explosion balaya complètement l'armurerie et endommagea les parois latérales. Soufflé, je tombai au sol mais me relevai sans attendre. Là, je vis que l'explosion avait ouvert un passage vers le niveau inférieur. Je ne savais pas si c'était une bonne idée de descendre, mais il valait mieux brouiller les pistes.

A priori, je m'étais retrouvé au 7e sous-sol, dans une vaste pièce remplie de marchandises, l'un des paquet avait amorti ma chute. Tapis dans l'ombre, j'avançai prudemment vers une des portes. Il y avait un couloir, plus large et rectiligne, probablement un axe de circulation pour acheminer les marchandises du hangar vers les pièces de stockages. Je devais me trouver au dernier lieu de vie de cette forteresse mais je n'en étais pas sûr. Si cet endroit était capable d'héberger une flotte entière, il devait exister d'autres sous-sols aménagés pour les équipages des vaisseaux en trans-it. J'émettais l'hypothèse que ce couloir menait à l'espace des véhicules que j'avais entrevu la dernière fois, ce qui veut dire qu'il devait exister pas loin un passage pour sortir directement dehors.
L'air de rien, je remontai le couloir vers de grandes portes, mais je tombai non pas sur un hangar mais un ascenseur lourd, j'étais à son niveau le plus haut.

- Pas question de descendre plus bas, c'est de la folie.

J'étais en train de paniquer comme rarement, pourtant j'en avais connu des plus dure comme situation. Respirant un bon coup, je m'efforçai de garder mon calme et de réfléchir. Je devais... Je devais trouver un ordinateur, au moins pour avoir un putain de plan, quitte à pirater moi-même le réseau. Malheureusement, ici c'était remplis de marchandises, et rien d'intéressant mis à part des stockes d'armes, de nourritures et de pièces de rechanges pour je ne sais quel bazar. Il devait bien y avoir un ordinateur quelque part, merde! Je pris le risque d'approcher du hangar, celui-ci ne semblait pas vraiment agité par l'alarme, les soldats étaient plutôt sereins. J'étais prêt à mettre ma main à couper que les sorties du hangar et toutes les autres venaient d'être bouclées. Quoiqu'il en soit, je pouvais peut être réussir à les tromper en me faisant passer pour l'un des leurs. Deux soldats-mécanos étaient occupés à bichonner un des blindés légers non loin de là.

- Hey, les gars!
- Quoi, qu'est-ce que tu veux?!
- Vous savez pourquoi y a l'alarme?
- Non, et on s'en bat les...
- Ouais, ouais... Dites, vous sauriez où j'peux trouver un ordinateur, j'voudrais contacter ma femme pendant que le sergent ne me surveille pas...
- Vous connaissez la procédure, soldat. Pas de messages personnels à la famille au sein de la forteresse.
- S'il vous plait, soyez sympa! Elle s'inquiète beaucoup et j'suis coincé ici depuis plusieurs jours déjà!


Les deux mécanos se regardèrent, comme si je venais de dire une bêtise; le plus proche cracha dans son gant pour essuyer la crasse puis me fit signe d'aller voir au poste de garde à l'entrée du tunnel. Au même moment, une équipe de soldats me repéra et hurla aux autres soldats de me capturer. J'assommai le premier mécano d'un revers du fusil et tira une rafale sur le second qui eut à peine le temps de se décaler pour éviter des blessures mortelles. Les gardes tirèrent à vue sur moi, dans la panique je me réfugiai dans le blindé. Celui-ci était en état de fonctionnement, mais je ne savais où aller: si je prenais tout droit vers la sortie, j'étais persuadé que d'autres véhicules me prendraient en chasse et que les tourelles de la forteresse me canarderaient. D'un geste désespéré, je fonçai vers le couloir sur lequel j'avais débouché et m'arrêta net dans l'ascenseur lourd. J'actionnai la tourelle automatique pour abattre les câbles avant qu'un rayon laser HCZ d'une infanterie lourde ne vienne percuter le blindage. La chute me provoqua un haut-le-coeur, je me cramponnais à mon siège alors que j'entendais ce son terriblement aigu de l'acier de la cage d'ascenseur surchauffant au frottement avec la paroi. Ce fut presque un miracle que le blindé survit au choc avec le sol, la structure de métal avait encaissé de terribles dommages en prenant les chocs à sa place. Je déboulai à vive allure dans ce qui me parut être le dernier niveau des hangars, là où stationnent les vaisseaux. Ici, les soldats étaient surpris de me voir et la plupart décampait avant de se faire écraser. Devant moi, je reconnu un large tunnel avec de grands auras électromagnétiques, ce devait être le couloir d'hyper-propulsion. Je m'engageais dedans en espérant qu'aucun appareil n'engage ma poursuite, ou que pire encore, un vaisseau n'emprunte le tunnel.

~ ~ ~

Après avoir parcouru quelques kilomètres, j'avais décidé de laisser le véhicule continuer sa route en marche automatique, je me doutais qu'une garnison m'attendait de l'autre côté, prêt à m'abattre. Je dus mon salut à un couloir de secours que j'avais repéré par hasard en scrutant la paroi. Il menait à de vieilles installations, probablement ayant servi lors de la construction de l'édifice. J'avançais le fusil pointé devant moi avec une lampe-torche accroché à son canon. Pour la première fois depuis la cellule, je pouvais entendre le silence que seuls mes pas soignés dérangeaient. J'haletais, je sentais la fatigue monter à cause de ce stress permanent, celui qui vous retient en vie durant ces moments où la mort peut vous éclabousser à tout moment... J'en eu un aperçu en retrouvant dans des décombres le corps déjà bien décomposé d'un soldat de la GRS; à en croire son équipement il était là depuis au moins 20 ans, peut être plus... Cet endroit était lugubre, à peine respirable, la poussière rouge s'était accumulée le long des parois cylindriques. Comme si ça n'arrangeait rien, d'étranges bestioles semblaient y vivre, des rats ou quelque chose dans le genre pour les plus grosses. Dans une impasse, une colonie d'entre elles m'intimida et m'obligea à faire demi-tour sous-peine de finir dévorer vivant, une grenade explosive avait réussi à tuer la majorité des bêtes, les autres fuirent ou goûtèrent de mon fusil. Me rendant compte que je ne faisais que tourner en rond, je fis une halte dans une intersection que je piégeai par précaution. Je démontai ma radio et essaya de la trafiquer pour augmenter sa puissance et ainsi peut-être atteindre un soldat allié, en espérant que nous ayons tous la même fréquence de communication.

- Bon, ça a intérêt à marcher, j'n'ai pas envie de moisir ici...

J'attendis quelques minutes, de longues minutes sans que rien ne se passe. Je repensais à toute sorte de choses, essentiellement à mes souvenirs de la Terre, et si j'y retournerai un jour. J'y avais laissé par mal d'amis là-bas, de la famille. Le souvenir de ma mère me sermonnant pour que je me pose et fonde une famille loin des agitations de la guerre me fit sourire. Elle n'avait jamais voulu accepter mon choix de vouloir combattre, tant que la guerre perdurait. J'étais devenu un élément important en plus, ce n'est pas pour rien que j'étais venu sur Mars... Rah, mais qu'est-ce que je fous sur cette planète?! Saboter cette base me parut être le cadet de mes soucis, j'commençais à péter les plombs dans ce trou! Etant donné que la radio n'avait aucun succès, je repris les recherches. Je retombais sur le fameux cadavre.

- Toi, je suis sûr que tu me caches quelque chose.

J'analysais la paroi sèche, cet endroit a du être la conséquence d'un éboulement. Je me dis que si je faisais tout exploser, j'arriverais peut-être à rouvrir un ancien passage. Je répartis minutieusement mes charges explosives de manière à éviter de me retrouver enterrer vivant comme ce malheureux. Reculant d'une bonne dizaine de mettre, je m'appuyais accroupis contre la paroi en me protégeant la tête et actionnai le détonateur. Une gerbe de débris et de poussières envahit l'espace et manqua de me faire suffoquer. Le masque me permit de tenir le coup le temps d'y voir plus clair. Devant, un tunnel plus étroit que les autres fut découvert. Je poussais un ouf de soulageant en me cramponnant à mes genoux. Ramassant mon arme, je repris la route toujours sur mes gardes. Une centaine de mètre plus loin, une échelle se présenta et me fit remonter jusqu'à un gros couvercle à moitié souillé de rouilles. Je délivrai toute l'énergie qui me restait pour réussir à le faire tourner, cela me pris une bonne minute. Enfin, je réussis à m'extirper du sombre tunnel, frappé par un violent vent martien. J'ignorais où j'étais, mais j'étais enfin dehors, et débarrassé de la GRS. Le plus dure désormais, c'était de réussir à retourner à la base, je me disais que c'était du gâteau à côté de ce que j'avais vécu, quoique le désert Martien n'avait pas l'air très hospitalié.
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Mer 11 Jan 2012 - 23:19

Combien de temps peut-on vivre en plein désert Martien? A en croire mes vivres, j'aurais dit quelques jours, tout au plus. Je marchais en prenant compte des rafales de vents pour que celles-ci me paraissent le moins douloureux, j'ignorais où était le soleil et je ne possédais aucun instrument d'orientation quelconque. Si je pouvais repérer une route, je m'en sortirais, mais avec toute cette poussière, on ne voyait pas grand chose... Je sentis mes forces m'abandonner, il faisait de plus en plus obscure. Assis par terre, je tentais en vain de me reposer, ce vent était si tranchant que j'avais l'impression d'être lapidé à chacun de ses coups. Je me dis qu'il fallait que je creuse un abri, cela s'avérait impossible avec un sol relativement friable, et dégager le sable m'aurait achevé avant les rafales; Mars portait bien son titre de "planète hostile à la vie". Je ne pouvais rien faire, rien à part espérer que l'on capte mon signal, n'importe qui, quelque part...

~ ~ ~

Ma tête tournait, ça y est, j'entendais des voix. Je devais être en train de délirer pendant que le sable recouvrait mon corps inerte. J'y voyais rien, mes yeux me faisaient souffrir, j'avais du mal à les ouvrir. Je sentis une main se poser sur moi, par réflexe je la cramponnais et voulu saisir mon arme de poing, je ne la trouvais pas. Devant moi se tenait un homme, bien couvert. Il me semblait être dans un véhicule, mais je ne reconnaissais rien.

- Tout vas bien, monsieur! On ne vous veut aucun mal, calmez-vous.
- Qui... Où suis-je?
- Vous êtes dans un camion de transport, on vous a trouvé évanouit à quelques centaines de mètres de la route.
- Où... M'amenez-vous?
- A l’hôpital le plus proche, à Pulsar.


Je me relevais soudainement et tombai d'un tas de caisses sur lequel je fus posé. L'homme tenta de me raisonner, mais je n'en avais rien à faire.

- Je n'ai pas... Je n'ai pas besoin d'un hôpital. Déposez-moi à l'entrée de la ville dès que nous y serons, s'il vous plait.
- Vous êtes sûr? Vous avez l'air mal en point.
- Ce ne sont que des éraflures, j'ai juste besoin de... manger...


L'homme me dévisagea et fit signe à un collègue assit plus loin. Celui-ci sortit d'une petite malle quelques rations que l'on donne aux miniers, ils me les offrirent gracieusement. Je les remerciai mais je n'ajoutai aucun autre mot. L'homme devant moi s'assit et me posa quelques questions.

- Vous travaillez pour l'armée?

Je ne lui répondais pas. Il n'était pas question qu'il sache quoi que ce soit de moi, au risque de compromettre ma mission. Il hocha la tête mais ne parut pas déçu.

- Moi, c'est James, James Presh. Je travaille à une mine à côté de Pulsar depuis pas mal d'années déjà. C'est un travail difficile mais les machines font le boulot.
- Je m'appelle... John... John Lennon.


Il parut satisfait, tant mieux. En observant son uniforme, je remarquais qu'il appartenait à une autre société de minage, je fus déçu. Cependant, si cela avait été la SMR, j'aurais été surpris qu'ils prennent un type avec un uniforme de soldat de la GRS.

- Dîtes-moi John, vous seriez pas un agent secret, ou un truc du genre?
- Je n'ai rien à vous dire. Je voudrais juste que vous me rendiez mon matériel et vous me laissez à l'entrée de la ville.
- Pas de problème, ne vous énervez pas.


Je finis de manger le ragoût froid, lorsqu'on est épuisé même les repas aussi peu savoureux sont appréciables. Durant la suite du trajet, les deux miniers ne m'importunèrent pas. Ils se contentaient parfois de me regarder curieusement, et de murmurer des choses entre eux. Je n'aimais pas les petits bavardages en coin.

- Si vous avez des choses à me dire, dîtes-les franchement messieurs.
- Nous... Enfin, c'est pas banal de trouver quelqu'un perdu dans le désert martien. Les gens d'ici savent qu'on ne se déplace qu'à l'aide d'un véhicule en dehors de la ville.
- Il faut croire que non.
- Décidément vous n'êtes pas très bavard, John.
Rétorqua son ami, visiblement vexé. Vous savez, on a fait qu'essayer de vous aider, et comme James vous l'a dit à votre réveil, on ne vous veut aucun mal.
- Ecoutez... Si vous voulez vraiment m'aider, auriez-vous une combinaison de rechange, celle-ci a pas mal souffert.


James me fit signe que oui, la caisse de secours stockait quelques combinaisons pour sortir dehors en cas de problème. Il m'en donna une, je lui passai celle de la GRS en échange en lui demandant de s'en débarrasser pour moi. Le silence retomba, les miniers cessèrent de discuter et attendirent que nous arrivions à Pulsar. L'un d'entre eux prévint le chauffeur de s'arrêter et ils me laissèrent descendre en me souhaitant bon vent. Je les remerciais de m'avoir aider puis partit me faufiler dans les rues. Dans une impasse, j'abandonnai le fusil d'assaut dans un tas de vieux débris, en gardant les recharges avec moi. La nuit venait de tomber, je devais me trouver un toit où passer, il n'était pas question de jouer les SDF sur Mars surtout qu'ils ne devaient pas survivre longtemps; mais avant je devais contacter le QG. J'entrais dans un des immeubles en gardant de montrer mes armes, et frappa à plusieurs portes en sollicitant l'aide de quelques habitants. L'une d'elle finit par s'ouvrir, c'était un vieil homme au visage sale, sûrement un minier.

- Désolé de vous importuner, monsieur, mais pourriez-vous m'aider?
- ça dépend, que souhaitez-vous?
- Pourrai-je avoir accès à votre ordinateur, je voudrais contacter mes amis, je n'ai pas de téléphone sur moi et j'ignore où ils habitent dans cette ville.


Le vieil homme parut réfléchir quelques instants, puis il accepta de me laisser entrer. Il m'indiqua un petit poste dans son salon, sa femme s'inquiéta mais son mari le rassura en affirmant que je n'étais pas un soldat. La GRS ferait-elle peur à ces pauvres gens?

- Vous avez peur des soldats, madame?
- Non, je n'ai pas dit ça... Je...
- Nous nous méfions des soldats. Lorsque la forteresse a été mise en place, la présence de l'armée avait été renforcé mais ce n'était pas gênant; mais depuis le début de la guerre c'est de pire en pire. Ils respectent de moins en moins notre travail et cherchent toujours à récupérer plus de ressources pour leur blindage de je ne sais quoi. Vous devez comprendre, je pense.
- En effet... J'ai pu contacter mes amis, encore merci pour votre aide.
- Y a pas de quoi.

Le réseau n'était pas sécurisé, je ne pus envoyer qu'un message détourné à l'administration de la SMR, j’espérais qu'ils comprendraient à travers mon message codé que j'étais bien en vie. Si tout se passait bien, ils viendraient me récupérer le lendemain à l'adresse que je leur indiquais, celui d'un petit restaurant de mineurs. D'ailleurs, je fus étonné de la trouver aussi facilement; le réseau local référençait sur un site officiel les adresses des bâtiments publics, mais aussi des personnes recensées sur Pulsar. En fouillant un peu, je retrouvai le domicile de ce Sergent sur qui j'avais glissé la clé. Le pire qui pouvait se passer était qu'elle ait trouvé la clé et l'ait remise à ses supérieurs. Je devais m'en assurer par moi-même.

Je me rendis dans un immeuble proche du centre-ville, en faisant le tour je surpris dans une impasse des escaliers de secours sur l'extérieur. Arrivé au 4e étage, j'enfonçais la porte pour entrer, il y avait une autre porte blindée qui ne s'ouvrait qu'en fermant la précédente, comme un sas. Me gardant bien d'allumer les lumières du couloir, je me rendis à la porte et vérifia le nom: Mlle. Lise Garnus. C'était bien ici. Je frappais plusieurs coups secs et attendit. J'entendis quelques pas puis un tour de clefs, je reconnus le visage du Sergent, mais je doutais qu'à travers mon masque elle ne reconnaisse le mien.

- Oui, que me voulez-vous monsieur?
- Je peux entrer? J'ai à discuter avec vous.


Elle me regarda bizarrement, je m'attendais à ce qu'elle soupçonne quelque chose et j'étais déjà en position pour l'immobiliser. Au lieu de ça, elle ne fit pas de manière et m'invita à l'attendre dans son salon. On disait que le peuple de la GRS était un peuple respectueux, j'en avais la preuve, cependant ils avaient l'air naïf. J'entrais et m'approcha du canapé. Je me contentais de rester debout, et d'observer attentivement les meubles, il n'y avait aucune trace de caméras ou de micros.

- Je peux vous offrir à boire?
- Ça ne sera pas nécessaire, je ne fais que...


Elle m'avait eu. A l'instant où je me retournais, elle pointait sur moi une pistolet, doigt sur la gâchette.

- Je savais bien que vous viendriez me voir, Me. Fisher, où qui que vous soyez.
- A vrai dire, je ne pensais venir si tôt.
- Ne jouez pas les plus malin avec moi. Je savais que vous viendrez récupérer cette clé.


Elle me montra la clé informatique qui contenait des données confidentielles de la forteresse. Je lâchai un sourire, elle l'avait gardé. La situation tournait doucement à mon avantage, je devais faire diversion.

- Vos supérieurs sont au courant?
- Pas encore. Je voulais d'abord vous appâter, ce qui est chose faite.
- C'est intelligent... Je suppose que vous avez essayé de la lire, hé hé.
- Taisez-vous! Lorsque j'ai constaté le cryptage, il ne faisait aucun doute que c'était à vous.
- ...mais vous ne l'avez pas donné. Vous aviez peur de vous faire accuser de complicité? Vous êtes pathétique Sergent.
- Reculez, je n'hésiterais pas à vous!...


Le coup partit au plafond après que j'eu attrapé son bras. D'un mouvement, je lui obligeai à lâcher l'arme, elle donna un coup de pied dans celle-ci pour la faire glisser sous le canapé. Je l'attrapai par derrière pour l'immobiliser en l'étranglant. Son coup de boule me fit lâcher prise, elle me frappa dans l'abdomen, je m'écroulais exagérément en avant pour la plaquer au sol. Immobilisant ses épaules avec mes mains et son bassin avec le poids de mon corps, je pris enfin l'avantage et lui somma de se calmer.

- Vous vous battez bien, mais vous parlez trop.
- Allez vous faire foutre!


Je me penchais plus en avant sur elle pour libérer un de mes bras et sortir mon arme de poing. Je lui indiquais de ne faire aucun mouvement brusque et de rester au sol pendant que je me relevais, canon pointé sur son corps. Je pris la clé et vérifia si la gravure que j'avais faite y été; il ne manquerait plus qu'elle essaie de me berner avec une fausse clé. L'identification faite, je la rangeai dans ma combinaison.

- Qu'est-ce que vous allez me faire maintenant?! Me tuez?!
- Je ne suis pas un assassin.
- Partez donc, je ne manquerais pas de vous dénoncer à mes supérieurs!
- Je doute que vous le fassiez. Vos supérieurs n'hésiteront pas à vous traduire en court martiale dès qu'ils apprendront ce que vous avez fait. Adieu Lise.


Je jetai son téléphone fixe dans le broyeur à ordure, puis recula rapidement jusqu'à la porte, que je verrouillai de l'extérieur avec ses clefs que je jetai ensuite dans le couloir. Prenant la fuite, je pus l’entendre brièvement crier mon pseudonyme en le maudissant. Je franchis le sas et partit me réfugier dans une cave abandonnée d'un immeuble, en périphérie de la ville.

~ ~ ~

Au petit matin, je sentais une douleur parcourir mon dos. Après un petit étirement, celle-ci disparut. Massant mon visage, je sentais la crasse s'être accumulée dans ma barbe naissante, cette sensation de moiteur et cette odeur de transpiration était assez désagréable. Je vérifiais une dernière fois le matériel que j'avais sur moi afin de m'assurer que je n'avais rien oublié, la clé en priorité. Dehors, le soleil timoré faisait rougir le sol, le vent semblait s'être calmé, on apercevait le sommet de plus d'immeubles aux alentours. Je me rendis au restaurant de mineurs en empruntant des passages peu fréquentés pour éviter les patrouilles. Je ne pris pas siège à une table, je préférais rester aux aguets dans un coin et surveiller les allées et venues des clients. Aux alentours de 10 heures, heure martienne, je reconnus le Lieutenant Danes s'avancer seul dans le restaurant, je le suivis et m'assit à sa table, sans dire un mot. Il me dévisagea, et lorsqu'il fut sûr que c'était moi, il commanda deux verres d'eau, tout ce qu'il y a de plus banal.

- C'est bon de te revoir.
- C'est réciproque, tu n'imagines pas ce que j'ai enduré pour sortir de cet endroit.
- En effet. Tu as?...
- Oui, tout y est. On en discutera une fois rentré.


Les deux verres d'eau nous furent donnés, on discuta de choses sans intérêts pour n'éveiller aucun soupçon, puis une fois l'addition payée, nous prîmes une voiture plus loin qui nous attendait. Je ne me souvins pas vraiment du trajet, je passais mon temps à somnoler, ce n'était qu'une fois arrivé à Samari et au QG que je me sentis réellement soulagé. J'allais pouvoir prendre une bonne douche et un bon repas, même si c'était une ration militaire.
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Jeu 12 Jan 2012 - 3:35

Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis mon retour, les données que j'avais rapporté avaient été passées au peigne fin par les équipes de ma compagnie. Le colonel Browel en personne était venu me voir pour me féliciter de mon travail, qui assurément allait nous donner un bel avantage. D'après elle, tout avait été mise en oeuvre pour tenter de me récupérer, et qu'une équipe allait tenter une exfiltration pour me sortir de là. Ce midi, je déjeunais avec David, on avait pas eu beaucoup l'occasion de discuter dernièrement avec tout ces préparatifs. Les cuistots n'avaient pas menti, on avait eu droit enfin à des morceaux de choix pour le repas: des côtelettes de veaux avec des pâtes assortis de petits légumes. Ça faisait bien longtemps que je n'avais aussi bien mangé et je n'hésitais pas à le faire savoir.

- C'est pas les meilleurs côtelettes qu'on puisse trouver, mais ça vous illumine les sens!
- C'est clair que, c'est de la bonne viande ça. Normalement on aurait dû en avoir un peu plus tôt, mais avec ce qu'il s'est passé la dernière fois...
- Je vois, la base était en alerte avec ma connerie, hein David?
- On peut dire ça, le colonel a vraiment flippé que vous finissiez par cracher le morceau, qui sait de quoi sont capables les extra-terrestres pour soutirer des informations.
- De ce que j'ai vu, ils étaient prêt à me torturer au taser, mais j'ai réussi à m'échapper avant.
- Ouais, je sais. T'as mis un sacré bordel là-bas, y a pas à dire. A ta place, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Si j'étais parvenu à m'enfuir, je n'aurais même pas pensé à aller chercher cette clé, il t'en a fallu du sang-froid.
- J'ai connu pire, David, ah ah!


Je m'essuyais la bouche après un morceau un peu trop juteux, un soldat se présenta à notre table et m'invita à le suivre au plus vite, le colonel m'avait fait demander.

- Tiens, on dirait qu'on va pas tarder à reprendre du service sur le terrain.
- Euh, capitaine, n'oubliez pas de parler de notre... "petit problème".
- Pas de soucis, Lieutenant. Je vous suis soldat.


Je partis reposer mon plateau, et suivi le garde jusqu'au bureau du colonel Browel. Elle m'attendait d'un air soucieux, mais lorsqu'elle me vit elle me sourit et se leva pour me saluer; très courtoise en ce moment. M'invitant à prendre siège, elle remercia le soldat et reprit son air soucieux.

- Capitaine Wilson, j'ai lu les rapports d'analyse de vos équipes, c'est très intéressant ce que vous nous avez rapporté. Désormais, nous connaissons comment la forteresse est aménagée et les effectifs théoriques de leur force permanente. Nous connaissons aussi leurs points faibles et leurs points forts, mais pour ce qui est de les appréhender, je vous en parlerais plus tard.
- Bien, mon colonel. De quoi voulez-vous me parler dans ce cas?
- Et bien, j'ai lu les rapports du colonel Vikir que vous m'avez rapporté, ils font état par moment des transactions journalières de la base, les horaires, le matériel qui circule et toutes autres choses. J'ai envoyé une équipe en reconnaissance pour vérifier ces données, ils ont relevé que leur trafic est plus important que prévu, mais les horaires sont respectées. Je pense que le remu-ménage que vous avez provoqué lors de votre évasion les a incité à renforcer leur sécurité. Je sais que vous vous êtes exfiltré par une ancienne galerie reliée à leur tunnel d'hyper-propulsion. Dîtes-moi en plus.
- Tout figure dans le rapport, mon colonel. Ce sont des galeries étroites, infestées de bestioles et très instables.
- Les plans de la base que vous nous avez rapporté ne les mentionnent pas, s'il en existe d'autres, cela nous donnerait un avantage tactique.
- Il en existe peut être d'autres, mais il y a de fortes chances qu'elles soient condamnées comme l'était celle que j'ai découverte, mon colonel. Quant bien même, il serait difficile de les trouver, et l'ennemi a peut-être découvert comment je me suis échappé.
- Je ne pense pas, Capitaine. J'ai reçu un message de la forteresse qui me disait qu'ils ne nous importuneraient plus avec vous, car vous seriez mort dans un accident. Toutefois, j'ignore quel est la version qu'ils retiennent vraiment de vous.
- Si vous avez lu mon rapport, il y a le cas du sergent Garnus...
- Ce sergent devait vous croire mort jusqu'à que vous vous pointez chez elle. Je doute qu'elle ait dit quoique ce soit. Par précaution, j'ai fait surveiller son appartement et je n'ai reçu aucun rapport inquiétant. Bref, venons en au fait. La sécurité a été renforcé et la base est aux aguets. En temps normal, j'aurais laissé l'affaire se décanter avant de retenter quoique ce soit, mais mes supérieurs ont été formel: nous devons agir dès que possible. Ils m'ont laissé une semaine pour préparer l'assaut final.
- Une semaine? Ils sont optimiste à l'Etat Major, ça se voit que ne sont pas eux qui sont là à risquer leur vie.
- Capitaine, un peu de tenu.
- Pardon mon colonel.

Elle se tue quelques instants et songea, son regard se perdait entre moi et son ordinateur. Je ne savais quoi ajouter. Après plusieurs longues secondes, je lui demandais si je pouvais prendre congé, elle me retint à ma place.

- Capitaine Wilson, ma décision est prise: nous allons passer par ces tunnels.
- Si je peux me le permettre, colonel, c'est très risqué...
- Vous enverrez une équipe inspecter le désert, nous devons trouver d'hypothétiques passages qui nous faciliteraient la tâche. Je vous laisse deux jours. Vous pouvez romper.
- A vos ordres.


Je me levais et lui fit un salut, je m'apprêtais à sortir lorsque je me souvins que je devais lui parler du problème de ce matin. Une partie du réseau informatique de ma compagnie avait planté et les ordinateurs étaient inutilisables. Ce n'était rien de grave car la mémoire avait pu être sauvé, mais aucun de mes subalternes n'avaient osé envoyer un rapport d'avarie de peur de devoir se justifier. Je me tapais donc la lourde tâche d'annoncer moi-même au colonel que certains d'entre eux s'étaient livrés à quelques expériences informatiques pour permettre la mise en réseau d'un jeux qu'ils avaient eux même confectionné... Ses yeux firent de grands ronds mais elle parut extrêmement calme en me répondant simplement qu'elle ferait le nécessaire pour que l'on vienne faire des réparations. J'étais surpris, j'avais l'habitude que ces idiots cassent quelque chose dans mon ancienne base et qu'on arrange ça tranquillement, mais là je m'attendais à ce que le colonel s'énerve, d'autant plus que nous étions en pleine préparation d'une opération secrète. Comme quoi... Je la remerciai et m’éclipsai aussitôt pour réunir une équipe de terrain.

~ ~ ~

Le désert, le sable rouge, le soleil froid de Mars. Je me demandai si j'arriverais à m'habituer un jour à ce paysage apocalyptique. Notre voiture était en route pour la galerie que j'avais découvert, scanner embarqué. On sortit de la piste dès qu'il repéra les interférences électromagnétiques du tunnel d'hyper-propulsion à proximité. On mit une bonne demi-heure à retrouver le passage; l'appareil marqua ses coordonnées puis l'on reboucha à la pelle pour éviter qu'une personne trop curieuse ne s'y faufile. Nous testâmes le scanner sur la galerie, il arrivait approximativement à identifier sa position et sa dimension après un balayage méticuleux d'ondes. A bord du véhicule, nous remontâmes tout le tunnel principal de côté, on repéra quelques bribes de galeries mais rien de vraiment concret pour permettre le passage d'une escouade. Notre périple dura toute l'après-midi jusqu'à l'entrée du tunnel, devant les postes de sécurité.

- Bon, y a rien pour le moment, on fera l'autre flanc demain.

Mes hommes approuvèrent et nous rentrâmes à la base. Je constatais en arrivant dans la salle où travaillait ma compagnie que des réparations avaient été faite et que le réseau était pleinement opérationnel. Je pris une boisson chaude et me calai devant un poste du coin de l'équipe chargée de la reconnaissance des sols. Je trouvais ça étrange qu'on trouve plusieurs bouts de galeries sans qu'aucune ne soit accessible. J'émettais l'hypothèse qu'elles étaient à moitié bouchées, mais nous aurions dû alors trouver une sortie quelque part; il n'y avait aucun passage menant à la surface. Le lendemain, lorsque nous y retournions, je demandais à l'équipe de bien faire gaffe dès que le scanner identifiait une colonne d'air. Nos recherches nous amenèrent à trouver plusieurs autres galeries sans aucune issue et très étroites encore une fois. A un endroit où il semblait y avoir une liaison de galerie, j'ordonnai de creuser un peu, mais rien encore. On passait ainsi la journée sans vraiment trouver quoique ce soit. Vers le milieu de l'après-midi, alors que je buvais un peu d'eau au bord de la route, une voiture qui passait par là s'arrêta, un homme nous interpella:

- Que cherchez-vous comme ça, messieurs?
- Un trésor.


Voyant son air intrigué, je lui disais finalement que c'était une blague et que nous étions là pour inspecter le sol et trouver un nouveau gisement. Il nous affirma qu'il n'y avait aucune chance que l'on trouve quoique ce soit ici à part des ruines. Je fis l'idiot en disant que nous n'avions trouvé aucune ruine, il nous dit que les entrées avaient été bouchées par le sable, et qu'elles devaient se trouver un peu plus loin. Un de mes hommes s'approcha de lui avec une carte numérique et lui demanda où, l'homme fit un cercle dans un petit périmètre.

- Merci, monsieur. Vous êtes minier?
- Oui, avant j'm'occupais de tunnels visant à retourner la terre à la recherche de minéraux, comme vous, mais c'était il y a bien longtemps; ce n'est pas pour rien que je dis que ce sont des ruines maintenant. Il y en a sous vos pieds, alors si vous cherchez des ressources ici, vous perdez votre temps.


Il nous souhaita de bonnes fouilles et s'en alla retourner travailler à sa mine. Je demandais aussitôt à mes hommes de ranger le matériel et de se rendre aux coordonnées indiquées. Ainsi donc ces galeries n'avaient rien à voir avec la forteresse, tactiquement ils devenaient très important de les inspecter. On se rendit à la zone indiquée par le minier, bien entendu c'était recouvert de sables. Le scanner s'affola et découvrit plusieurs jonctions qui se rejoignaient en plusieurs points. On creusa sur chacun d'eux, et quatre sorties espacées d'une centaine de mètre chacune furent déterrées. Un groupe de deux volontaires s'engouffraient dans les tunnels tandis que les autres restaient en surface pour faire la liaison. Je descendis dans le premier passage découvert, il était très ressemblant à la galerie par laquelle je m'étais évadé. On mit à jour au fur et à mesure de notre avancé dans chaque tunnel plusieurs squelettes ainsi que quelques poches de minerais sans valeur. A l'aide d'explosif, nous avions réouvert quelques jonctions et réunis au final les quatre sorties. Cependant, nous n'étions pas parvenu à rejoindre le tunnel d'hyper-propulsion, pas encore. J'ordonnais à mes troupes de remonter et de s'arrêter là pour la journée, la nuit commençait à tomber et cela devenait risqué. Le soir, en présentant nos résultats au colonel Browel, j'obtenu l'autorisation pour une journée de plus d'inspection, elle attendrait nos rapports une fois nos fouilles complètement finies.

~ ~ ~

Je crus bien qu'on allait y passer. En tentant d'ouvrir un plus large passage entre deux bouts de galeries espacées, nous avions forcé la dose au niveau des explosifs. Une importante chute de pierre provoqua un effondrement du plafond où le sable s'engouffra en masse. Le véhicule au dessus fut pris dans des sables mouvants et se dégagea difficilement malgré ses coussins d'air. En dessous, nous l'avions échappé belle, moi et le caporal étions parvenu à nous réfugier dans un couloir adjacent. Lorsque la poussière se dissipa, nous ne pouvions que constater les dégâts.

- Bon, on ne passera pas par ici.
- On devrait peut-être essayer par là bas, Capitaine?


Je regardais notre scanner portable, qui était directement relié à celui embarqué dans la voiture, je lui répondis par le négatif, les jonctions étaient trop éloignées. Nous rebroussâmes chemin et tentâmes une autre approche ailleurs, cette fois en perçant les rochers avec une foreuse. C'était beaucoup plus long, mais moins risqué. On avait réussi à faire un passage pour une personne de corpulence moyenne. Maintenant, nous étions près du tunnel d'hyper-propulsion. Malheureusement cette fois il n'y avait aucune porte. On eut droit à un long tunnel qui avait un mur commun avec la structure militaire.

- Si je comprends bien, nous allons devoir faire un trou là dedans...
- Tout à fait, caporal, mais pas tout de suite. Dîtes moi, sergent, quel temps il fait dehors?
- Il fait venteux, et ça s'obscurcit, mon capitaine.
- Ok, on va s'arrêter là, vous avez fait du bon travail, on rentre.




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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Jeu 12 Jan 2012 - 9:59

Une chose était sûre: le colonel Browel m'estimait beaucoup. Quand je lui parlais, elle semblait très heureuse à chaque fois, je savais que lorsque je faisais du bon travail mes supérieurs étaient content de moi, mais je n'avais jamais constaté cet effet. Il est vrai qu'elle est plutôt pas mal avec ses cheveux rougeoyants, mais si elle se les laissait pousser, elle aurait meilleur allure. Aujourd'hui, je l'avais croisé au mess, c'était la première fois depuis que j'étais arrivé que je la voyais ici et à en croire le brouhaha alentours, les autres soldats étaient tout aussi étonnés que moi. Je jetais un oeil derrière moi, au cas où David traînait dans les parages, mais il n'en était rien. Je pris place à un coin de table, seul, tranquille, mais pas longtemps. Comme je le doutais, le colonel vint et me demanda si elle pouvait s'asseoir ici. Je lui répondis que oui, en temps que mon supérieur je me voyais mal aller l'envoyer balader. Me remerciant, elle prit place à côté de moi et non en face, comme toute personne sensé. Dans ma tête, ça tournait court: il y avait un truc.

- Comment allez-vous, Colonel? Tentai-je pour faire diversion de ma gêne, prenant une bonne cuillerée de riz.
- Pas de formalité ici, appelez moi Jeanne, Samuel. Je peux vous appelez Samuel?
- Euh, oui, oui, pas de problème, mon co... Jeanne.


J'avais pour principe de ne jamais avoir de rapports amicaux avec mes supérieurs à partir du moment où ils sont officiers généraux ou tout proche de l'être. C'était pour moi comme un système d'auto-défense contre les éventuels problèmes, et surtout je préférais être proche de mes troupes que de mes chefs, sur le terrain l'un étant bien plus appréciable que l'autre. Jeanne me sourit puis mangea un morceau. Je ne pus m'empêcher d'observer son visage et de détourner aussitôt des yeux pour ne pas me faire remarquer. Tout autour les soldats nous épiaient du coin de l'oeil, même s'ils faisaient comme si de rien n'était, on ne me l'a faisait pas à moi. Je mangeais plus rapidement qu'à l'habitude pour noyer mes pensées, le colonel en semblait amusé. Putain lorsque j'allais raconter ça à David, il allait bien se foutre de moi!

- Excusez-moi, je n'ai pas répondu à votre question. Oui, je vais bien, merci Samuel. Et vous?
- Bien, bien... Jeanne. Dîtes-moi, vous ne venez pas souvent au mess, je me trompe?
- Non, c'est exact. Venant d'un expert comme vous, ça ne m'étonne pas. Je suis généralement très pris par mon travail et je mange donc directement à mon bureau. Je n'ignore pas les rumeurs disant que je mange avec une bande de lèche-botte, c'est vexant mais parait-il qu'il faut s'y faire lorsqu'on commande une base.


Elle fit tourner son verre entre ses mains, l'eau gigotait et semblait l’envoûter. Elle n'avait pas tord dans son discours, je pensai qu'elle devait être parmi ces soldats lançant les rumeurs lorsqu'elle était moins gradée, après tout nous étions tous passé par le stade de la recrue.

- Bah, ne vous en faîtes pas, Jeanne. Le plus important, c'est que les troupes gardent le moral et qu'ils croient en vous et en nos chances de victoire. Pour le moment, il y a eu du grabuge mais c'est plutôt bien parti pour que ça réussisse. L'air de rien, ils sont prêt à aller au charbon.
- Oui, vous avez raison, Samuel. J'ai la chance de pouvoir compter sur des hommes comme vous pour m'épauler et accomplir les missions avec succès. Sans ça, nous n'en serions pas là.
- C'est... Gênant. Désolé Jeanne, mais je préfère être franc. Si je fais du bon boulot, c'est aussi et surtout parce que mes gars sont là derrière, avec moi. J'ai p'être accompli un miracle en m'évadant de cette forteresse, mais comme je vous disais, si on croit en nos hommes et qu'ils croient en nous, ça nous permet d'aller accomplir des grandes choses. Tout est une question de moral. Pour ce que je fais, être proche de ses hommes est très important pour la réussite des opérations.
- Alors... Vous ne verrez aucun inconvénient à ce que nous soyons plus... proche?


Elle glissa sa main sur la mienne et approcha doucement son visage du mien. Je pouvais nettement décrire l'iris de ses yeux et sentir son doux parfum fruité. J'avouais qu'elle était attirante, mais ça allait un peu loin, surtout en public. Je reculais un peu la tête pour garder une certaine distance, elle avait apparemment compris ma gêne et se remit droite, et éclata soudainement de rire.

- Désolé, je ne voulais pas vous effrayer, mais c'est tellement drôle! Vous devriez voir votre tête, vous aviez l'air trop mignon.
- Oh, euh, oui, hé hé...
- Ne vous en faîtes pas, Samuel. Au fait, j'ai à vous parler pour la mission avant de faire le briefing avec votre compagnie. Passez me voir tout à l'heure.
- A vos ordres.
- Pas de formalité, je vous en prie!
- D'accord Jeanne.


Elle ria encore un peu et moi je restais d'un air dubitatif, je n'arrivais pas à saisir son humour. Vu qu'elle se retirait pour ranger son plateau, je n'avais plus à me faire d'idée. Je la suivis du regard lorsqu'elle partit, en matant son... Putain, fallait que je pense à la mission! Voilà pourquoi je détestais avoir des rapports plus que professionnel avec les supérieurs! Moi qui pensais qu'elle était très "pro" justement, c'est loupé! Remarque, elle voulait peut-être savoir ce que j'valais vraiment avant de tenter quoique ce soit. Lorsque je sortis de la cafétéria, je partis retourner voir l'avancé des préparatifs de la mission par ma compagnie pour savoir quoi saboter et comment le faire. Je vus David en plein débat avec un sergent. J'ai hésité à deux fois avant de lui parler de qui s'était passé, finalement j'm'y suis ravisé, il valait mieux garder la pleine concentration de mes troupes, j'avais déjà bien du mal tout seul.

~ ~ ~

J'attendis la fin de l'après-midi avant d'aller parler au colonel Browel. J'étais rarement aussi anxieux à l'idée d'aller parler à un supérieur. J'aurais encore préféré annoncer un bon gros bug informatique au plus con des généraux que de simplement parler de la mission avec elle. C'était surréaliste, je devais me calmer. Je m'annonçai poliment, elle m'invita à entrer. Je m'assis raide comme un piquet, elle parut au contraire détendue. Il n'y avait à première vue rien d'anormal, je poussais un petit soulagement.

- Capitaine Wilson... Qu'est-ce qui vous a retenu si longtemps?
- Le... Système d'énergie principal de la forteresse. Avec mes hommes, on n'a pas trouvé de moyen de le saboter, c'est un réacteur nucléaire.
- Je vois, nous allions justement en parler. J'ai réfléchi à une approche pour prendre cette forteresse en fonction de mes impératifs. Je voulais connaitre votre point de vue avant de l'exposer aux troupes.
- Euh très bien, mon colonel.


Elle me sourit encore une fois, puis avec l'aide d'un hologramme, elle projeta un plan tri-dimensionnel de la forteresse de Pulsar, avec plusieurs points rouges. A l'aide d'une commande, elle pouvait naviguer et zoomer à volonté.

- Je n'ai pas de plan à proposer concrètement, mais plutôt des objectifs. Pour la manière de les atteindre, je compte sur vous. L'idéal serait que vous arriviez à neutraliser leur réacteur, leurs réseaux de communication et leurs terminaux informatiques dans un premier temps. Une fois fait, il faut couper les axes de communication des véhicules, c'est très important.
- En gros, il faut les isoler du monde extérieur et les priver de leur énergie à l'intérieur.
- Exact. Ensuite, vous n'avez plus qu'à avancer pour neutraliser les armureries et bloquer les poches de résistances dans la forteresse. Afin de garantir la victoire, il vous faut avancer jusqu'aux quartiers généraux pour capturer leur chef. Cela obligera les troupes ennemies à capituler. Vous avez des idées de comment y parvenir?
- Je réfléchis à comment je vais pouvoir placer mes hommes... Aurais-je des renforts?
- Oui, j'ai prévu de détacher une section motorisée une fois que vous aurez neutraliser leurs systèmes de défenses en bloquant les terminaux et leur sources d'énergie. Le gros de nos forces sera occupé sur les villes secondaires proches de Pulsar mais elles vous rejoindront dès que possible.
- Je vois. Ça me semble faisable. Il faudrait pour cela que...

~ ~ ~

La discussion avec le colonel dura un petit moment, jusqu'à que nous soyons en concordance. Je devais ajuster mes plans offensifs en fonction de la disponibilité des renforts, tout se jouer là dessus car je savais très bien que mes hommes ne suffiraient pas à capturer à eux seuls une forteresse aussi bien gardée. Lorsque tout fut réglé, elle me congédia et m'avertit qu'un briefing aurait lieu demain, en début d'après-midi, quelques heures avant le début de l'opération. J'étais plutôt rassuré, elle n'avait pas été aussi... Intrusive qu'au mess. Retournant à mon travail, je consultais et prévenais quelques uns de mes hommes sur la tournure des opérations. Certains se montraient inquiets et d'autres confiants, par contre il y avait toujours le problème du réacteur nucléaire. Danes proposa de tout bêtement de dériver la puissance sur autre chose que l'alimentation électrique des appareils de la forteresse, il proposa le canon principal, sensé la protéger des vaisseaux. Pour cela, il fallait prendre possession des terminaux informatiques avant le réacteur, en elle-même l'idée était très intéressante mais nécessitait de défendre rigoureusement la position.
Nous continuâmes à réfléchir sur les sabotages jusqu'à l'heure du couvre-feu de la base. Avant de me coucher, je réglai divers documents d'ordre administratif à transmettre au colonel, processus nécessaire avant chaque mission en cas de pertes humaines. Je fus surpris de lire un mail du colonel dans ma boite de réception alors que je m'apprêtais à me déconnecter. Elle faisait signe qu'un problème perturbait ses plans et qu'elle avait besoin que je vienne lui apporter quelques points précis pour mon infiltration au plus vite. Le mail datait d'une bonne demi-heure avant le couvre-feu, que j'avais dépassé d'une quinzaine de minutes. Je me frottai les yeux et réfléchis, avec un peu de chance elle était encore au bureau et je pourrais régler le problème avant de dormir.

Je frappais à la porte doucement, le garde habituel était parti et ceux devant assurer la surveillance de nuit s'étaient répartis différemment. A ma surprise, la porte s'ouvrit doucement, et j'entrevue le visage somnolant du colonel. Elle m'invita à m'asseoir alors qu'elle reprenait place.

- Je suis désolé, Capitaine, je m'étais endormi sur le bureau.
- Je... Bref, vous m'avez demander pour régler un problème, Colonel?
- Oui... Je... Je voudrais que vous me teniez compagnie ce soir.
- Pardon? Je ne suis pas sûr de comprendre votre ordre, euh...
- Au diable le protocole. Samuel, cela fait des semaines que je suis ici, et je me sens seule... Parmi tout les hommes de cette base, vous êtes le seul qui avait su éveiller ma curiosité. Demain, c'est l'application de l'opération, peut-être allons-nous mourir. S'il vous plait, venez avec moi...
- Je ne peux pas!


Je me suis levé d'un bond, je sentais ma tension s'élevait d'un coup. J'étais complètement abasourdi par cette proposition. Elle avait l'air à moitié droguée par la fatigue mais à la fois très lucide. Je ne savais pas si elle était en pleine possession de sa raison. Jeanne se leva à son tour, lentement, l'air malheureux. Elle s'approcha et s'arrêta à côté de moi, en direction de la porte.

- Je vois... Je suis désolée de vous importuner Samuel. Vous avez sûrement quelqu'un, quelque part. Je me sens si seule vous savez? Lorsque vous parliez d'être plus proche, j'avais eu comme un espoir, mais je me suis faite des idées.
- Ce... Ce n'est pas ça! Comprenez que vous êtes ma supérieure, je ne peux pas faire une chose pareille.
- Qui vous blâmera? Qui le saura? Si vous avez envie, alors venez avec moi, juste ce soir...


Juste ce soir... Je ne sais pas ce qui m'était passé par la tête, mais j'avais finalement succombé: je la pris dans mes bras pour une longue embrassade. Son parfum ravivant mes narines, ses mains parcourant ma peau avec délicatesse, le goût que je pouvais ressentir sur mes lèvres à chacun de nos baisés... Je ne savais pas si j'allais regretter mon geste, mais quoiqu'il en soit, je me laissais prendre en jeu et le réveil le lendemain allait être dure.
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Jeu 12 Jan 2012 - 20:48

Huit heure à ma montre, je me réveillais tout en sueur. A côté de moi, je sentais une présence chaude et tendre sous les draps, c'était bien elle. Je m'assis sur le lit en me tenant le visage comme si j'avais fait une bêtise. Je respirai par grande bouffée pour évacuer un peu cette tension puis je m'écroulai sur le matelas. Son bras se glissa autour du mien et l'attira contre sa poitrine, je pouvais presque sentir les battements de son coeur.

- Qu'y-a-t-il, Sam? Un cauchemar...?

Sa voix était encore empruntée d'un profond sommeil. Je me penchai vers elle pour lui caresser le visage. Mon regard se perdit, je voulais m'extirper de là au plus vite avant que ça ne se remarque.

- Jeanne, je vais devoir y aller. Mes hommes m'attendent pour...

Elle ne me laissa pas le temps de finir ma phrase, me volant un dernier baisé. Je restais encore là quelques instants, mais je finis par me dégager pour me rhabiller. Je m'attendais à ce qu'elle essaye de me retenir, elle fut plutôt compréhensive et me remercia pour ma compagnie. Le temps de jeter un dernier coup d'oeil dans sa direction que j'étais déjà dans le couloir, avançant au pas de course. La simulation avait dû commencer sans moi, et j'en eu la confirmation en arrivant dans l'espace de travail. Je m'approchais de David en lui posant la main sur l'épaule, je devais paraître fantomatique tant il fut intrigué par mon comportement.

- Ah, Capitaine, vous êtes enfin là!... Ça n'a pas l'air d'aller.
- J'te raconterais plus tard. Alors, cette simulation?
- Ça se passe bien, on essaye plusieurs formules de sabotage à différents endroits en fonction des calculs de nos techniciens, tout ce qu'on a prévu fonctionne impeccablement pour le moment. Reste plus qu'à savoir si l'on parviendra à aller sur place.
- Très bien. Ça donne quoi pour le réacteur?
- J'avais omis un détails: la salle de contrôle du réacteur ne permet pas de contrôler directement le matériel qu'il alimente, ce qui veut dire que si on dérive toute la puissance sur un seul circuit, et que personne n'actionne l'équipement de l'autre côté, tout se met à surchauffer.
- C'est fâcheux, surtout qu'on doit faire un minimum de dégâts.
- Ouais, on y réfléchit encore mais je ne vois pas comment faire autrement, mise à part accéder aux quartiers généraux directement pour tout contrôler en amont.


Nous passâmes la matinée à étudier le problème. Si l'on prenait le risque que la puissance ne s'évacue pas, le réacteur pouvait s'emballer et fondre, et dans ce cas nous aurions affaire à une catastrophe nucléaire et la forteresse devrait être abandonnée par toutes troupes militaires. Si cela arrivait, l'opération serait un échec; nous n'avions pas assez de temps pour trouver d'autres solutions, le briefing allait bientôt commencer.

Dans la salle, tout les officiers subalternes de la base avaient été réunis exceptionnellement; les sous-off. suivraient un autre briefing qu'organisait leur chef hiérarchique direct. Le colonel s'avança devant l'écran présentant une carte du périmètre de Pulsar. Elle était déterminée et très concentrée, cela se voyait dans son attitude irréprochable. Dès que tout le monde fut en place, la réunion commença.

- Messieurs, dames, je vais aller droit au bout. Après tant de mois à travailler pour mettre en oeuvre l'Opération Sable rouge, nous sommes aujourd'hui en phase de passer à l'action. Grâce à votre précieux travail, nous avons obtenu un avantage certains sur l'ennemi. Nous savons désormais beaucoup de chose sur les forces en présence, les installations qu'ils possèdent et leur trafic. Je ne vous le cacherais pas: nous sommes moins nombreux et moins bien armée qu'eux, mais nous avons un atout indéniable: l'effet de surprise.

Elle marqua une pause pour balayer l'assemblée de son regard vif, la plupart des officiers étaient très attentif à ses paroles. Jeanne fit quelques pas sur le côté pour laisser paraître la carte pleinement.

- Voici comment va se dérouler l'opération. Tout d'abord, chaque compagnie se répartit sur un objectif précis. Nous allons attaquer en même temps, et je dis bien en même temps, Pulsar et ses plus proches bases avancées. Le premier assaut sera donné à dix-sept heures zéro zéro sur chaque base ennemie par les compagnies d'infanteries. L'objectif est de frapper les installations vitales, c'est à dire leur réseau informatique et de communication, et leur source d'énergie. Ensuite, je donnerais l'ordre à chaque escadron motorisé de lancer le second assaut. Si tout se passe bien, nous devrions prendre toute les bases ennemies avant même d'avoir pu essuyer une quelconque riposte. Si cela venait à arriver, autant vous dire que nous aurions un gros pépin, leurs forces ne sont peut-être pas prêtes à essuyer un assaut terrestre mais leurs appareils mobiles sont bien plus efficaces que nos blindés. Des questions?
- Oui, une: que faisons-nous en cas d'attaque orbitale de la GRS?
- Nos relevés radars spatiaux et les derniers rapports d'espionnage confirment qu'il n'y aura aucun trans-it ennemi au dessus de Mars entre 14h00 et 01h00. Une flotille alliée devrait se mettre en orbite à 21h00 pour nous couvrir.
- J'ai étudié les structures des bases, mon colonel. Pulsar est de loin la mieux gardée. Je ne doute pas que nous parvenions à prendre les bases avancées, mais si nous échouons à prendre Pulsar, l'opération sera un échec.
- Pulsar était jusqu'à présent le plus gros problème de l'opération, mais grâce à l'arrivée d'experts dans l'infiltration, nous avons pu recueillir suffisamment de données pour garantir la réussite de sa capture. Il est vrai que Pulsar concentre le gros des forces mobiles de la GRS sur place, c'est pour quoi différentes escadrilles motorisées se positionneront en attente dans les mines autour de la ville-centre pour intervenir dès que possible. Par ailleurs, dès qu'une base avancée sera contrôlée, je veux qu'au possible une escadrille se détache pour aller prêter main forte à Pulsar. Lorsqu'elle sera prise, nous n'aurons plus qu'à marcher vers toutes les autres villes du réseau afin de chasser définitivement l'ennemi du territoire. D'autres questions?


La salle se remua dans un léger brouhaha approbatif. Le colonel donna l'ordre de romper, chaque officier devait maintenant briefer ses troupes de son côté pour garantir la réussite de l'opération. Je sortis parmi les derniers, Jeanne vérifiait quelques informations sur l'ordinateur de la salle. Quant elle me vit, elle fit un grand sourire et me fit signe d'approcher.

- Tout le monde à l'air motivé, on dirait.
- Oui, mais j'ai senti une grosse tension. Je commence à avoir l'habitude de préparer des opérations de grosses envergures depuis le début de la guerre.
- Vous n'avez pas confiance?
- A vrai dire, j'ai très peur, Samuel. C'est une opération très ambitieuse, à la moindre défaillance, nous sommes perdus. Chaque nuit je m'imagine qu'un traître nous a vendu et que la GRS n'attend qu'une chose: qu'on se jette dans la gueule du loup.
- Mais vous n'y avez pas pensé cette nuit...


Elle sourit à nouveau, gênée, et m'attrapa la main. Je lui fis signe que je devais y aller, elle me prévint qu'elle commanderait personnellement l'escadron qui s'occupera d'attaquer Pulsar; je lui donnais rendez-vous dans les quartiers généraux de Pulsar pour fêter notre victoire.

~ ~ ~

Le briefing avec mes hommes étaient beaucoup moins formel que celui qui avait réunis les officiers subalternes. Une certaine agitation les frappait, surtout concernant la manoeuvre d'approche et le sabotage de certaines installations. D'habitude, je dialogue toujours pour connaitre leur point de vue, ici c'était un tel désordre que je dus me montrer plus ferme. Je savais pertinemment que certains problèmes n'avaient pas été résolu mais je leur demandais de me faire confiance. Tant qu'ils étaient d'accord sur les mouvements, pour moi c'était bon. Ensuite, j'appelais à leur professionnalisme pour résoudre les pépins de sabotage qui pouvaient être rencontré. De toute manière, nous n'avions plus le temps, on devait partir dans une heure pour Pulsar.

A la fin du briefing, David vint me voir. Il me confiait être inquiet de me voir si tendu, je rétorquai que c'était normal, nous allions effectuer l'opération la plus dangereuse de notre carrière. Il me dit qu'il y avait autre chose derrière tout ça qui devait me tracasser; je lui indiquais de me suivre à l'écart.

- Bon, écoute David. Dis-moi clairement le fond de ta pensée.
- Ben, c'est plutôt étrange. Depuis le temps qu'on se connait, je t'ai toujours vu très optimiste et déterminé, là j'ai l'impression que tu essais de faire du zèle et que tu t'emballes pour rien. Ça ne te ressemble pas.
- Tu sais comme moi que nous n'avons eu quasiment pas de temps pour nous préparer, les hommes sont inquiets, moi aussi je le suis. C'est très risqué d'infiltrer une base ennemie et de la saboter sans savoir ce que ça va se produire.
- C'est toi qui dit ça? Bon sang, réveilles-toi Sam! Je t'ai toujours connu en train d'aller sur le champs de bataille pour aller faire péter des bombes de l'autre coté de la frontière sans même te poser de questions. Les hommes qui doutaient finissaient toujours par te suivre car tu avais un... Un quelque chose qui les rassure, tu sais tes trucs des ondes positives!
- Je... T'as p'être raison, il y a un truc qui cloche.


Il se mit bien devant moi et me fixa sévèrement en se frottant le menton. Que devais-je lui dire? C'était mon meilleur pote, il comprenait rapidement si ça allait pas et il venait de me le démontrer encore, alors à quoi bon lui cacher quoi que ce soit.

- La vérité, David... C'est que j'ai fais une grosse connerie.
- Je t'écoute, Sam. Qu'est-ce que t'as enfreint dans le règlement encore?
- Quelque chose de grave, David, pas comme d'habitude.

Il parut troublé, son inquiétude montait au fur et à mesure que je prononçais mes paroles. Décidément, je me sentais idiot, je n'arrivais même pas à parler comme il fallait.

- J'ai eu une liaison avec la colonel.
- T'es... T'es pas sérieux?
- Si.
- Ça explique tout. T'en fais pas, ça va te passer, c'est la première fois que ça t'arrive?
- Quoi, t'es même pas choqué?
- Bah non, si tu savais le nombre de fois que j'ai couché avec une fille de la compagnie. On a beau être soldats, on est des êtres humains mon vieux, pas des machines. Depuis combien de temps on a pas eu de permission?
- Plusieurs mois, je dirais.
- Ouais, mais j'pense qu'on en aurait eu une d'ici peu, t'as juste craqué au mauvais moment. N'empêche que se taper la colonel, bien joué...
- Arrête, c'est elle qui me tournait autour. Tu sais très bien ce que je pense de tout ça.
- Je sais, ça m'étonne un peu de ta part, mais s'il n'y a que ça qui t'inquiète, ça va aller. Par contre faut juste que tu ne fasses pas le con. Oublie pas ton diction: la vie des mes hommes avant les jupons.


Il me fit une tape sur l'épaule pour me motiver. Sacré David, j'étais vraiment content de le connaitre cette andouille. Il s'en alla se préparer pour l'opération, je fis de même en retournant dans mes quartiers. J'avais rangé plusieurs souvenirs dans une valise, des photos, des babioles sans importance... Comme à l'habitude, je plaçais une clé informatique dedans, contenant des données personnelles avec un testament vocal préparé la veille, c'était pour moi un rituel qui me permettait de me détacher de tout ce qui se rapportait à autre chose que la mission, pour n'être que dans la mission. Cependant, pour la première fois j'avais ce sentiment d'espoir qui me poussait au doute: l'amour. David avait vu que ça me chamboulait, je devais faire quelque chose pour évacuer. Avant de partir, je glissais un dernier mot dans cette valise témoignant ma brève mais intense aventure avec Jeanne. Maintenant, j'étais fin prêt à combattre.
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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Ven 13 Jan 2012 - 6:48

Seize heures et cinquante-quatre minutes. Je sentais une tension palpable dans l'air, les hommes de mon équipe calmaient leurs nerfs en bidouillant tout ce qui pouvait leur tomber sous la main. Par radio, nous avions appris que toutes les unités étaient en position. De notre côté, cinq équipes chacune dans une voiture attendaient au dessus des galeries que nous avions déterré. Mon équipe était devant la galerie par laquelle je m'étais enfuis, tandis que deux autres étaient aux aguets, dans deux immeubles positionnés devant la forteresse. Une dernière équipe s'était planqué près de la sortie de l'hyper-propulsion, où était positionné un avant-poste contrôlant le passage des vaisseaux.

Seize heures et cinquante-sept minutes. Je vérifiai que j'avais tout mon équipement. Le rôle de mon équipe était crucial car on allait devoir ouvrir le passage pour les autres. Nous avions pris des tenus de soldats de la forteresse, de parfaites copies, jusqu'au badge qui devrait fonctionner grâce aux codes du colonel Vikir.

Seize heures et cinquante-neuf minutes. Je n'en finissais plus de regarder l'aiguille tourner. Je dévisageai mes compagnons d'armes, on riait de se voir si tendu. On allait partir à la guerre, dans son côté le plus vicieux et le plus angoissant, mais on était encore prêt à se marrer comme des gamins. Je sentais que nous allions faire un malheur dans cette forteresse.

- Dix-sept heures zéro zéro, en avant!!!

Nous ne nous fîmes pas prier, à la simple parole du colonel Browel, dans un élan synchrone toutes nos troupes se mirent en mouvement dans l'ombre guettant de la nuit. On ne se voyait pas mais on savait que le camarade était là. Nous nous faufilâmes à quatre dans le tunnel en abandonnant notre chauffeur, prêt à couvrir l'entrée. Quelques rats croisèrent notre chemin mais prirent la fuite à la lumière des torches. Il me parut que la galerie était plus courte, nous arrivâmes en un instant devant la vieille porte rouillée. La Caporale Fiopers l'ouvrit d'un coup sec tandis que le sergent Marshen pointait son arme de poing dans l'ouverture; nous n'avions aucun fusil d'assaut pour paraître plus crédible. La voie était libre, nous partîmes au pas de course durant une quinzaine de minutes en remontant le tunnel. Les premières nouvelles du front nous furent transmis: les commandos avec Danes étaient tous passés dans les galeries et commencèrent à trouer la paroi du tunnel d'hyper-propulsion. Dehors, il n'y avait rien à signaler.

- Danes, nous arrivons dans leur hangar, je me mets en silence radio jusqu'à atteindre le premier réseau informatique.
- Bien reçu Capitaine, terminé.


Un chargement était en cours d'extraction sur un vaisseau cargo, c'était une aubaine car nous pûmes nous faufiler jusqu'aux couloirs sans problème, derrière plusieurs caisses éparpillées. Il y avait de nombreux vaisseaux en attente, surtout des frégates, mais ils étaient plus impressionnants que menaçants. Je fis signe à mes hommes de s'arrêter, nous n'étions pas loin du premier poste de sécurité chargé du secteur Est de ce niveau. Le Caporal Hurner frappa à la porte et entra. Il abattit de sang-froid le soldat en garde avec son silencieux car il n'avait pas gobé le fait qu'il se faisait remplacé. Nous glissâmes le corps dans un placard et trafiquèrent les ordinateurs pour bloquer toutes les caméras; si quelqu'un se pointait pour régler le problème, d'abord il ne s'en rendrait pas compte et en toute façon il n'aurait le moyen de débloquer les postes.

- Equipe 1 à Equipe 2, premier barrage franchi.
- Bien reçu, terminé.


Nous déguerpîmes aussitôt vers les sorties de secours, il existait en effet un passage que traversait des échelles jusqu'au niveau sept. Ensuite, il fallait se faufiler jusqu'à un autre réseau informatique, celui protégeant l'ascenseur permettant d'accéder au réacteur, il n'y avait aucun autre accès possible. Les gardes étaient plus nombreux, nous passâmes sans encombre à coté de quelques uns et neutralisèrent les deux soldats en poste de surveillance. Le sergent s'occupa de bloquer les ordinateurs puis nous repartîmes.

- Equipe 1 en approche de l'objectif Delta.
- Equipe 2 en approche du hangar.
- Equipe 3 en partance.


La mission se déroulait parfaitement jusqu'à présent. Nous prîmes tout les quatre l'ascenseur et descendirent jusqu'au niveau 25, encore plus bas que les hangars. Il y avait nécessité d'utiliser un code d'accès, celui du bon vieux colonel Vikir nous servit encore une fois. Les gardes à l'entrée ne bronchèrent pas et nous firent un salut même. Si je me rappelais bien des plans, nous devions franchir plusieurs postes de sécurité avant d'accéder à la salle de contrôle, et il n'y avait pas moyens de les outre-passer sans faire de vague. Nous abattîmes au silencieux les deux gardes et remontèrent jusqu'au barrage en faisant de même. Le tout était que pour les caméras, tout ait l'air de se passer normalement, nous tirions en cachant l'arme dans notre veston malgré que cela ne soit pas très discret. Arrivé dans les installations, il n'y avait plus que quatre ou cinq gardes. Nous les tuèrent tous sans distinction, les scientifiques sur place paniquèrent et voulurent s'enfuir, sans succès. La salle de contrôle donnait une vue directe du réacteur, plongé dans une piscine remplis d'eaux. Des canaux divers évacuaient les débris et faisaient circuler l'énergie. Saisissant ma radio, je contactai les autres équipes:

- Equipe 1, l'objectif Delta est pris, comment ça se passe de votre côté?
- Equipe 2, nous avons neutralisés la plupart des réseaux informatiques du hangar, nous sommes sur l'objectif Alpha.
- Equipe 3, nous pénétrons dans l'armurerie principale.
- Equipe 4, nous sommes en approche.
- Equipe 5, nous sommes partis.


Tout se passait comme il le fallait, il ne me restait plus qu'à contacter nos deux équipes à l'extérieure. Leurs rapports indiquaient que l'ennemi n'avait fait aucun mouvement. Je leur demandais de se tenir prêt à agir dès que je leur donnerais le signal, de même pour l'équipe 2. Je m'approchais du sergent alors que les caporaux nous couvraient, il avait réussi à pirater le système et pouvait désormais dévier toute la puissance sur le tunnel d'hyper-propulsion.

- Attention, équipe 4 vous avez votre combinaison anti-radiation?
- Affirmatif.
- Ok, envoyez la sauce!


Le sergent dévia la puissance du réacteur sur le tunnel d'hyper-propulsion, les équipes infiltrées confirmaient que la base venait de perdre son éclairage conventionnelle, les générateurs auxiliaires venaient de prendre le relais pour le fonctionnement minimum. L'équipe 2 de Danes me signala avoir baissé les rideaux anti-invasion de la base, plus aucun véhicule ou vaisseaux ne pouvait sortir, seul l'infanterie pouvait espérer passer avec une identification de général; en conséquence les codes d'accès allaient être modifiées. Je perdis le signal avec les équipes postées sur les immeubles, confirmant que les brouilleurs étaient actionnés. La base n'avait plus aucun moyen de contacter l'extérieure, elle était piégée sur elle-même. Nous n'avions non plus aucun moyen de communiquer, pour le moment. Si tout se passait bien, l'équipe 2 et 3 avait posté des relais bloqué sur une canal principal pour passer outre le brouillage. Au niveau auquel nous étions, le brouilleur n'avait pas effet mais notre radio ne pouvait couvrir un large périmètre en dehors de la forteresse à cause des interférences du réacteur et ne pouvait percer le brouillage.

- Je vous laisse le point Delta, je vais installer des relais pour que nous puissions contacter nos hommes.

Je pris l'ascenseur et y perforai la coque avec une hache de secours. Tout les 3 étages, je posai une balise radio. Le procédé était incertains mais il fonctionnait. Arrivé au 7e sous-sol, je pouvais toujours contacter le point Delta. Je pris les nouvelles auprès des équipes chargées de faire le ménage.

- Ici Wilson, au rapport.
- Nous tenons la position Alpha, mon capitaine, mais l'ennemi nous a repéré! L'équipe 4 est en route pour nous aider!
- Equipe 3, équipe 5, vous me recevez?
- Ici Equipe 3, affirmatif; nous avons détruit plusieurs stockes d'armes et plaçaient des explosifs sur quelques appareils au cas où. L'équipe 5 nous a rejoint, nous canardons tout ce qu'il bouge mais l'équipe 2 ne referme plus les portes derrière nous!
- J'avais bien compris. Venez me rejoindre à l'ascenseur du point Delta, terminé.
- A vos ordres!


Je me plaquai contre le mur de l'ascenseur, dans un angle mort pour ne pas être vu. Par précaution, j'avais détruit la lampe. Aucun garde ennemi ne vint vers ma position, apparemment les équipes 3 et 5 posaient plus de problèmes que prévus. L'alarme rugissait tel un ronronnement incessant dans une valse de couleur rouge miroitante. J'entendis des coups de feu se faire de plus en plus proches, ils étaient arrivés.

- Vous voilà enfin. Je veux une équipe ici pour empêcher quiconque de descendre. Une autre équipe vient avec moi.

L'équipe 3 se porta volontaire pour la garde, l'équipe 5 du Sergent Gobs allait donc venir avec moi. Ils me transmirent des lunettes infrarouges, un gilet pare-balle renforcé et un fusil d'assaut. Je me sentais quand même mieux dans cette tenue pour me battre.

- Equipe 2, répondez.
- Je vous reçois Capitaine. Equipe 4 a réussi à éliminer la poche résistante. Nous sommes prêt à reprendre la manoeuvre.
- Parfait. Restez groupés, je vais faire un peu de ménage avec l'équipe 5, nous allons essayer de contacter l'équipe 6, terminé.
- A vos ordres, terminé.


Je me retournais vers le Sergent Gobs pour connaitre les zones fermées. Il me dit que, comme selon le plan, tout les accès aux navires de guerres furent condamnés pour éviter qu'une poche de résistance ne se forme à l'intérieur et n'essaye de reprendre le dessus. La plupart des forces ennemies s'étaient repliés en surface après que les premiers sous-sols furent condamnés. Il n'y avait plus qu'un accès faisant l'allée-retour jusqu'au tunnel d'hyper-propulsion, et nous étions en plein milieu. Cela voulait dire que l'équipe 3 pouvait contrôler tout les visiteurs, en espérant ne pas tomber sur une forte résistance.

- Ne vous inquiétez pas, nous avons éliminé une bonne partie de leurs soldats, ils sont complètement désorganisés et ne comprennent pas ce qu'ils leur arrivent.

Je voulais bien le croire, mais ma priorité était de savoir si les renforts allaient passé, sinon nous n'avancerions jamais jusqu'aux quartiers généraux. Je passais devant et descendis avec l'équipe 5. Il y avait encore quelques niveaux condamnables en chemin qu'ils n'avaient pas fait attention, nous passâmes dans tout les recoins les plus insolites, jusqu'à tomber sur un groupe de soldats GRS. Organisé dans une impasse, ils s'étaient réfugiés dans l'infirmerie locale, sûrement pour s'occuper des blessés. Par expérience, je savais qu'ils devaient y avoir établis un campement mais l'absence de communication avec les autres soldats les rendait vulnérables, surtout dans le noir. L'un de nos soldats prit un lance-grenade et tira dans le tas: l'explosion détruisit tout le matériel à l'intérieur de la pièce et tua net une dizaine d'ennemis retranchés. Certains blessés se relevèrent et tirèrent à l'aveugle en nous maudissant. Nos armes de précisions ne manquèrent pas de les abattre une fois une fenêtre de tir ouverte. Nous nous approchâmes des cadavres afin d'inspecter les lieux: je reconnus le Major Saklam, celui qui voulait me torturer. Quel triste sort mais c'était comme ça.

- Attention, Capitaine!

Le Major n'était pas encore mort, par réflexe je lui écrasais la main armée pour lui faire lâcher son arme et pointai mon canon sur lui.

- Tu me reconnais? L'espion de la dernière fois...
- En... Enfoiré...
- Cause toujours
.

Je lui logeai une balle dans la tête, la consigne était de ne laisser aucun prisonnier jusqu'à l'arrivé des renforts. Je n'aimais pas vraiment tuer des gens de sang-froid comme ça, ce n'était pas dans mes cordes. Nous reprîmes le chemin jusqu'au tunnel d'hyper-propulsion. Par endroit, des corps jonchaient le sol, ils avaient été tués par les radiations électro-magnétiques. N'étant pas protégé, je me gardais bien d'y aller moi aussi. J'interrogeais le sergent gobs, qui lui était protégé.

- Vous avez mis des relais?
- Oui, mais ils ne fonctionnent pas.
- C'est fâcheux, nous allons donc devoir attendre bêtement que les renforts arrivent alors...
- Je peux partir en reconnaissance, mon capitaine.
- Négatif, si les renforts ne sont pas là d'ici 10 minutes, on passe au plan B.


~ ~ ~

Après avoir attendu un certains temps, nous dûmes battre en retraite rapidement vers la position de l'équipe 2, l'ennemi tentait une nouvelle percée, ce qui voulait dire qu'il n'avait pas réussi à sortir hors de la forteresse. Je prévoyais que c'était bon signe, au moins les escadrilles de blindés quadrillaient les rues. Le combat était violent, en arrivant nous avions pu abattre quelques soldats mais une nouvelle vague ennemie se mettait aussitôt en position pour nous repousser. A cette allure, on allait tous y passer, plusieurs de nos combattants y avaient laissé la vie. Je chargeais un homme de m'accompagner pour démonter une mitrailleuse lourde d'un blindé léger et la rapporter ici. Cette opération fut fructueuse: en une rafale nous avions définitivement refroidit l'adversaire. Pour garantir notre sécurité, nous installâmes d'autres mitrailleuses à des points stratégiques, quatre en tout en comptant celle devant l'ascenseur de Delta.

- Ici Le Lieutenant Rutterfields de la 8e escadrille blindée, est-ce que vous me recevez?

Je fis un large sourire, les renforts étaient enfin arrivés. Une joie contagieuse se propagea au point Alpha, je m'empressais de répondre.

- Ici le capitaine Wilson, nous vous recevons. Content de vous savoir arrivé.
- Capitaine, nous allons déployer plusieurs commandos, quelle est la situation ici?
- Nous avons condamné les niveaux du hangar, passez par l'échelle 9 et rejoignez-nous au point Alpha. Le point Delta est sous contrôle.
- Bien reçu.
- Dîtes... Quelle est la situation dehors?
- Nous avons détruit l'avant-poste du tunnel, l'équipe 7 sur place a été tué. L'équipe 6 y stationne actuellement avec trois de mes véhicules. Pour les bases avancées, la plupart ont été prises, mais on a eu un accrochage sévère à Garbian, nous avons croisé les MS de la GRS qui étaient en maintenance. Aux dernières nouvelles, les renforts ont réussi à les neutraliser, mais je n'en suis pas complètement sûr.
- Je vois, d'où votre retard. Vous avez des nouvelles concernant nos forces dans la ville?
- Deux escadrilles blindés seulement sont venus sillonner Pulsar, elles surveillent actuellement toutes les sorties, ne vous inquiétez pas.
- Parfait. Je vous attends, terminé.



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MessageSujet: Re: Opération Sable rouge   Sam 14 Jan 2012 - 4:03

Une trentaine de soldats répartis en commandos de quatre à cinq hommes pénétraient tour dans les couloirs et se répartirent sur les points de passages où l'ennemi pouvait encore surgir. Nous étions toujours moins nombreux mais beaucoup mieux équipés, la différence s'était jusque là clairement sentir. Je me réunissais avec les deux lieutenants autour de la table sur Alpha en y projetant une carte du bâtiment. Danes me demanda s'il fallait inspecter les vaisseaux, au cas où un d'entre eux tenterait de sortir. Je lui répondis que si c'était le cas, avec l'absence des techniciens de la base, aucun ne bougerait car ils étaient tout simplement amarrés solidement. Il supposa qu'ils pouvaient utiliser leur armement, puis se ravisa en pensant qu'ils ne feraient que se détruire eux-même à cause de l'étroitesse du hangar. Ce cas réglé, le lieutenant Rutterfields suggéra d'encercler l'ennemi puis d'attaquer massivement dans toute les directions. Je désapprouvai la manoeuvre, c'était trop risqué. Pour passer, il fallait au contraire continuer à les occuper dans l'accès principal, celui menant directement du point Alpha à Bêta, la salle de contrôle des opérations de la base situé aux quartiers généraux. Pour cela, je suggérais de placer trois commandos en défense et de les faire transporter une mitrailleuse lourde qu'ils amèneraient avec eux au fur et à mesure de leur déplacement. Deux commandos devaient se faufiler dans les couloirs adjacents pour éliminer les soldats ennemis éventuellement planqué. Si tout se passait bien, nous avancerions pas à pas jusqu'au point Bêta sans trop de difficulté.

- Et pour les autres commandos?
- Ils couvriront nos arrières et fouilleront les couloirs, que nous condamnerons au fur et à mesure pour ne laisser qu'une voie possible, ce qui devrait se faire au niveau -2.


Je regardais ma montre: cela faisait près de deux heures que nous avions investis cette base. Je me donnais comme objectif de boucler le travail d'ici une heure, histoire de dérouler le tapis rouge à la flottille. Je pris la tête d'un des commandos chargé de fouiller les couloirs adjacents. Nous décelâmes trois soldats planqués dans une chambre au niveau -6, ils avaient déserté et n'étaient pas armés. Je contactais le Lieutenant Rutterfields pour connaitre les ordres du Colonel à propos des prisonniers:

- Le colonel a maintenu l'ordre de ne faire aucun prisonnier, mon capitaine.
- Bien reçu...


Autant l'autre crevure de Major je n'avais eu aucun problème à le descendre, mais là... Trois pauvres gars chialant comme des madeleines et qui n'avaient rien demandé à personne, je ne pouvais pas. Je baissais mon arme et ordonnai à mon subalterne d'aller les mettre dans une des cellules bien sagement. L'un des gars me remercia, je le pris par le col d'un air menaçant pour lui remettre les idées en place:

- Je fais ça parce que je ne suis pas une brute sanguinaire, alors vous avez intérêt à pas bouger votre cul de la cellule sinon j'vous fais descendre!

Le message était passé, dès que la porte fut refermé, ils s'étaient planqués bien tranquillement dans l'ombre. Je leur avais dit de se faire passer pour des prisonniers, ce qu'ils étaient finalement pour l'UT, pour ne pas se faire descendre. Je repris la route lorsque un message étrange parvint à ma radio: un des gars du second commando s'était fait sévèrement blessé par une prisonnière, qui parvint à s'échapper. Aussitôt je contactai Alpha pour savoir si les caméras l'avaient repéré, elle s'était enfuie vers les quartiers généraux.

- Ok, on laisse tomber. Commando A2, repliez vous et ramenez le sergent à Alpha, on a finit de notre côté, on prend le relais.
- Bien reçu A1.


J’entraînai mes hommes vers l'accès principal, les commandos centraux avaient fait leur travail jusqu'à nous et patientaient sagement avec la mitrailleuse lourde. Je leur fis signe d'attendre qu'on inspecte les couloirs avant de monter. Nous traversâmes de nombreuses cellules puis plusieurs chambres, il y avait des affaires laissées en plan ici et là. Nous retrouvâmes des corps inertes tombés d'un gros conduit d'aération, ils avaient apparemment essayé de passer mais sans succès. Nous fîmes rapidement le tour des lieux, il n'y avait pas la trace d'un ennemi.

- Ici Commando A1, R.A.S.
- Bien reçu, on monte.


Rejoint par le commando A2 amputé d'un homme, nous remontâmes tout les niveaux jusqu'au niveau -2, comme prévu. Là-haut, le combat se corsait sévèrement avec beaucoup plus d'ennemis en attente. Nous dûmes battre en retraite lorsqu'ils actionnèrent un canon d'infanterie HCZ, la moitié des hommes au milieu furent tués, nous réussîmes à tenir l'entrée au niveau mais sans plus. Je réfléchissais à vive allure alors que ma rythme cardiaque s'emballait, j'étais en train de me demander si j'allais pas crever.

- Merde, merde, merde! Ici A1, on a un gros soucis: l'ennemi utilise un canon c'infanterie HCZ, impossible d'aller plus loin; la moitié... Le commando C1 et C3 ont été décimés en un tir, on a besoin de renforts ici.
- Ici Danes, bien reçu Capitaine, je vous envoie une équipe.
- Danes! Fait moi venir des grenadiers, sinon on s'en sortira pas!
- Bien reçu.


D'un geste de main, mes hommes se répartirent dans l'angle. Passé ce virage, les Stellaires nous attendait mais n'approchait pas: ils savaient très bien qu'on ne pouvait que venir de là. Après de longues minutes, un nouveau commando arriva avec les lance-grenades prêts à tirer. Je leur indiquais de balancer une grenade flash et de rester à couvert. Ils s’exécutèrent et l'ennemi tira; comme je le pensais ils croyaient qu'on tentait une percé, ils avaient juste un léger décalage.

- En avant!

Le temps que le canon recharge, nous avions assez de temps pour détruire le groupe ennemi à coup de grenades à fragmentation. L'arme stellaire fut emportée dans l'explosion mais ça ne faisait rien. Le commando C2 prit position tandis que le commando A2 s'infiltrait dans les pièces adjacentes pour dénicher les campeurs. Un peu plus loin, il y avait le réseau informatique de l'étage, le dernier avant les quartiers généraux. Il surveillait notamment le générateur auxiliaire qu'avait détecté Danes la première fois que j'étais venu. Cet endroit était stratégique pour la GRS, nous venions de remporter une nouvelle bataille importante pour la capture de la forteresse. Je fis un rapport auprès de Danes et de Rutterfields, nos forces s'amenuisaient sévèrement malgré les renforts, je leur demandais de joindre au plus vite les forces à l'extérieur pour apporter du soutien. Le sergent du commando A2 me fit signe qu'il n'y avait rien à signaler dans l'étage et que l'on pouvait continuer. Je fis le point sur les hommes qui nous restaient, il fallait laisser un groupe ici pour contrôler le point que je nommais singulièrement Téta.

- Ça nous laisse même pas vingts hommes pour se faire le rez-de-chaussé et les étages supérieurs...
- Monsieur, peut-être devriez-vous faire appel à nos forces à l'entrée de la forteresse?
- Ils sont sensés s'assurer que personne ne sorte d'ici avant que nous ayons pris cette base, ils sont aussi occupés à encadrer le quartier au cas où. J'y avais pensé, soldat, mais vous le voyez, ce n'est pas possible.


Je pris la décision de rassembler les troupes, il y avait quelques uns de mes gars et d'autres qui étaient avec Rutterfields. Tous tiraient une sale tronche mais tous étaient motivés à aller jusqu'au bout. Cependant, il me fallait sélectionner les meilleurs et les plus en forme pour tenter cette nouvelle attaque. J'avais peu de possibilité, attendre de nouveaux renforts prendraient trop de temps, ce temps serait un avantage certains pour la GRS. Si je prenais d'assaut leurs forces, on s'exposait au risque de tous se faire tuer et de laisser un boulevard aux troupes ennemis et ainsi notre travail aurait été vain. Il ne me restait plus qu'une chose à faire: prendre la tête d'un petit commando et s'infiltrer au coeur de leur résistance sans faire de vague. Si on parvenait jusqu'au général de Pulsar, la victoire serait assurée.

- Capitaine, nous avons envoyé un véhicule au poste avancé pour ramener des nouvelles. Il devrait revenir d'ici dix minutes.
- C'est trop long, Danes. Si on tergiverse trop, les stellaires vont tenter une nouvelle sortie. Il faut les mater maintenant.
- Que comptez-vous faire?
- On va s'infiltrer et tuer leurs chefs; sans tête pensante ils se rendront. Si je me fais tuer, j'vous confie les commandes, Danes.
- Comme toujours. Bonne chance Capitaine.


Les soldats devant moi comprirent que seuls une poignée d'entre eux allaient me suivre. Je choisis trois de mes hommes que je connaissais bien, ils acceptèrent de me suivre avec fierté. Nous prîmes de nombreuses munitions, des silencieux pour nos fusils et vérifiâmes l'équipement, tout était prêt. Je confis le commandement du point Téta à un sergent, puis je partis prendre une échelle pour les niveaux supérieurs. Arrivé au rez-de-chaussé, nous traversâmes le hall où de massifs rideaux d'acier s'étaient abattus et coupaient tout accès à l'extérieur. Des douilles traînaient par terre, des soldats avaient visiblement essayé de forcer le passage. L'un de mes soldats me demanda pourquoi ils ne s'étaient pas servi du canon d'infanterie HCZ pour sortir, je supposais que pour percer cette cuirasse il fallait plus qu'un tir de canon alimenté avec une batterie portable, et je ne voyais ici rien pour alimenter un canon jusqu'à sa pleine puissance. Nous reprîmes le chemin en zigzaguant dans les couloirs les plus insolites pour minimiser le risque d'une rencontre fortuite avec les troupes ennemies. La tâche se compliqua nettement à partir de l'étage 1. Nous savions que le général devait se trouver au 3e étage, bien planqué derrière sa salle de contrôle quasi-impénétrable. Pour y parvenir, il fallait que nous parvenions à occuper les soldats retranchés, ils étaient au moins quatre à chaque passage, certains allaient et venaient pour organiser la défense. Pour se faufiler, ça allait être difficile, il fallait les attirer en un point pour passer dans leur dos jusqu'à un escalier menant au niveau supérieur. Le sergent Cailleux se proposa d'aller placer une charge. Nous glissèrent dans une salle, lumière éteinte, et attendirent que les soldats ennemis aillent à l'opposé. Après quelques secondes, des coups de feux s'entendaient, les gardes stellaires se déplacèrent vers sa position.

- Cailleux, vous me recevez? Cailleux répondez!

Pas de signal. J'oubliai qu'on était affecté par le brouillage sans les relais. Nous sortîmes et avançâmes jusqu'à l'escalier, la diversion avait fonctionné mais j'avais bien peur que le sergent s'était sacrifiée. Il ne restait désormais plus qu'un étage avant le point Bêta. La garde était plus lâche ici mais aussi plus mobile; nous surprîmes un soldat ennemi dans un bureau en train de fouiller on ne sait quoi, nous l’exécutâmes sommairement. Jouant un peu au chat et à la souris, nous passâmes à de nombreuses reprises dans le dos des gardes d'un couloir à l'autre en catimini, bien aidé par l'obscurité. Le dernier escalier était très bien gardé, de plus il était en plein milieu du passage où de nombreuses lueurs s'agitaient en provenance d'innombrables torches.

- Pas le choix Capitaine, nous devons forcer le passage.
- C'est du suicide caporal! Nous devons trouver une autre solution.
- Il n'a pas tord, Capitaine; si l'un d'entre nous passe, c'est tout bon.
- Jusqu'à que les gardes de l'autre coté le descendent... On reste ici, c'est un ordre.


Nous nous retranchâmes derrière les étagères d'une réserve bureautique. J'avais finalement une idée, mais nous allions devoir jouer de vitesse et de précision. Je plaçais un viseur laser sur mon fusil, mes hommes se mirent à couvert, prêt à tirer en cas de riposte. Ma cible était dans le collimateur, mais mes mains me firent défaut et tremblèrent. Je les décrispai un coup en soufflant lentement. Cette fois ça devait être la bonne, mon doigt se contracta lentement sur la gâchette, je me mis soudainement à penser au colonel. Si je ratais mon tir, nous serions repérés et je mourrais sans l'avoir revu, je...

- Mon capitaine, ça va aller? Dépêchez-vous!
- Ouais, désolé.

Je m'essuyais le front, je devais chasser ça de ma pensé. Le coup partit et troua la tête du garde, le second s'étonna et tenta de réveiller son camarade. Il était déjà trop tard pour lui quant il se rendit compte qu'il était mort. Nous passâmes alors que les torches commençaient à revenir; des cris se firent entendre ainsi que des pas accélérés. Nous nous dépêchâmes de monter, il y avait à l'autre bout deux autres gardes armées: il n'était plus question de réfléchir, nous les abattîmes et courûmes nous cacher. La garde s'alerta, mes soldats se séparèrent et attirèrent les deux groupes vers eux alors que je m'enfuyais à l'opposé. A peine ai-je eu le temps de jeter un oeil en arrière que je vis mes soldats se faire exécuter non sans résister, je n’oublierais jamais leur bravoure. Pour eux, j'allais buter ce général, leur sacrifice ne devait pas être vain. Je n'étais plus qu'à une dizaine de mètre, je voyais cette grosse porte blindée, qui avait visiblement était ouverte de force, protégé par plusieurs soldats. C'était la seule issue, mais pas question pour moi de passer comme ça. Je savais qu'il y avait une conduite quelque part, elle ne menait pas à l'intérieur de la salle, elle déviait de sa trajectoire pour en faire le tour. C'était suffisant pour moi, je m'engouffrai dans un bureau et escaladait un étagère pour grimper dans la conduite. Remontant jusqu'au virage, juste au dessus du sas faisant le lien entre le point Bêta et les couloirs, je me positionnai avec mon fusil et mon viseur, il me suffisait juste de faire un trou dans le plafond pour avoir un angle de tir parfait sur la salle, ou sur l'entrée au moins. Je reconnus leur chef à ses étoiles aux épaulettes, il était au milieu en train de discuter avec un de ses colonels, beaucoup trop loin pour que je l'atteigne. J'attendis allongé en espérant qu'il bouge, il ne fit rien. Je le vis prendre un café à l'insu de ses subalternes et cocher quelques croix sur un plan numérique. Ils avaient installés des générateurs de secours dans la salle mais leurs moyens de communications restaient apparemment hors d'usage. Il pesta soudainement contre quelque chose après qu'un garde vint au rapport. Il s'approcha enfin, mais ce n'était pas assez, il me manquait quelques centimètres... Je vis un autre garde revenir avec quelqu'un, une femme apparemment. Elle était menottée, on l'a fit s'agenouiller devant le général. Il semblait furieux, j'eus juste le temps de le voir saisir une arme sur la table que la conduite faiblit et me donna un angle de tir adéquate. Je tirais, sous le choc le plafond céda et je me rétamais au sol.

- Aïe... Plan B!

J'ignorais si le général était mort, mais avec les grenades que je balançai devant moi et derrière moi pour me couvrir des gardes, j'étais sûr de l'achever. Après une rafale je me mis à couvert, la femme s'écroula à mes pieds. Je ne savais quoi faire maintenant, tout ce qui comptait était que je sauve ma peau car les vilains extra-terrestres n'étaient pas content. Je relevai la femme en l'attrapant par le col et la fit glisser à l'autre bout du couloir. Je jetai une grenade sur le plafond, le nuage de débris me permit de me mettre à couvert à temps.

- C'est bon, ça les calmera un temps... Tu peux marcher?

Je ne la regardais même pas, et je ne la vis pas venir lorsqu'elle me frappa d'un coup de boule franc dans l'abdomen. Je me sentis basculer et tomber dans un long tuyau, et elle avec. Notre chute fut amorti par un tas de papiers en lambeau ou simplement froissé. La femme se dégagea, je me relevais en caressant ma nuque.

- Wouah, j'oubliais le bac à ordure, on est au rez de chaussé, non?

Je tâtais le papier pour ramasser ma torche, en éclairant son visage, je la reconnus immédiatement: le sergent Lise Garnus! Elle ne fut pas autant surprise que moi, sans hésitation elle me frappa de ses deux mains liées et tenta de s'enfuir, je la laissai faire et descendit du baque. Mon équipement était là, j'avais juste oublié un pistolet: une grenade tomba du tuyau et explosa. La déflagration me projeta au sol ainsi que Lise, je me relevais sans trop de mal mais ce n'était pas son cas. J'inspectai son corps, il y avait des traces de coups et de brûlures.

- J'peux savoir ce que vous faîtes dans cet état?

Elle refusa de me répondre et me repoussa mollement en gémissant. Je la laissai se relever de ses propres forces, avant de la voir se vautrer contre la porte, à bout de force. Pris de pitié, je l'attrapais pas le bras et la retourna sèchement. Son regard s'obscurcit de terreur, je sortis des outils d'une poche du gilet et craquai les menottes. Sans même me remercier, elle se retourna et ouvrit la porte pour s'enfuir. Je l'arrêtai net: c'était soit elle restait avec moi, soit elle se faisait buter à la première occasion par une patrouille des deux camps. Lise parut comprendre et revint.

- Au fait, vous avez pas répondu à ma question, pourquoi êtes-vous prisonnière?

La question était idiote, elle me cracha avec rage tout ce qu'il lui était arrivé depuis que j'étais venu prendre la clef. Ses supérieurs avaient découvert la vérité pour la clé et l'avait placé en cellule. Elle devait se faire transférer et juger par la court martiale pour haute trahison envers sa nation. Je comprenais mieux maintenant pourquoi le général était furieux, il voulait se défouler sur elle, après tout c'est elle qui m'avait permis de récupérer la clé et de préparer cette invasion. Là, en la voyant pleurnicher, je me disais que vraiment la guerre, ça se jouait à des détails. Je jetai un oeil à ma position, il était temps de déguerpir avant la garde ne rapplique. Je la pris par un bras et l'emmena avec moi, elle braillait comme pas possible, jusqu'à qu'une ombre se propage dans un coin. Je la plaquai au mur en lui collant ma main sur sa bouche. Je lui fis signe de taire et penchai la tête dans le coin du couloir. Des lumières s'agitaient, je reconnus les uniformes de l'Union Terrienne.

- Parfait, ce sont eux!

Lise me mordit et en profita pour prendre la fuite. Les soldats se ramenèrent, je levais les mains en les ordonnant de ne pas tirer. Ils furent soulager de me voir mais se demandèrent pourquoi j'avais crié. Je leur disais de laisser tomber, que ce n'était rien. Frottant ma main endolorie, je leur demandais des détails sur ce qu'ils avaient fait. J'appris que le colonel était arrivé après avoir maté définitivement Garbian, que les renforts s'étaient déployés dans toute la base et qu'ils étaient en train de remonter les étages à vivre allure. Actuellement, des commandos se battaient au premier étage.

- Et vous Capitaine, comment ça s'est passé?
- Mal. Mes trois camarades sont morts. Tout ce que j'ai réussi à faire c'est tuer le général et ses subalternes avant de m'enfuir en catastrophe.
- C'est une excellente nouveau, Samuel.


Je regardais devant moi, c'était Jeanne. Nous nous sourions mais nous restâmes distant, nous étions en mission avant tout. Elle me fit raccompagner vers le gros de nos forces pour me faire soigner. Je m'excusais auprès d'elle, je n'avais pas pu l'attendre au QG ennemi, elle me souffla dans l'oreille que ça ne faisait rien, le plus important pour elle était que je sois encore en vie. Jeanne me confia qu'elle s'était beaucoup inquiétée en apprenant que je m'étais rendu seul au point bêta, mais elle me félicita de mon initiative, sans cela nos renforts ne seraient peut être pas arrivé à temps. Je savais bien qu'elle voulait me flatter en disant ça, car ils avaient fait beaucoup plus vite que je ne le pensais. Remarque, en fixant ma montre, j'avais l'impression qu'elle retardait. Tout ces combats m'avaient sérieusement déboussolé.

~ ~ ~

Les séances de soins sont pénibles, surtout lorsqu'elles ne servent pas à grand chose. J'avais beau avoir essuyé des explosions et frôler de nombreuses balles, j'en étais pas moins vivant et entier. La lumière revint petit à petit dans la forteresse, nous reçûmes confirmation que les forces ennemies avaient été totalement neutralisées. Après donc trois heures de combats, Pulsar était enfin tombé et l'Opération Sable rouge était un succès total. Jeanne me prit par la main et demanda de l'accompagner jusqu'au quartier général de la forteresse. Nous primes l'ascenseur jusqu'au 3e et passèrent sans problème les contrôles de sécurité puisqu'ils étaient hors service. Lorsque nous rentrâmes dans la salle de contrôle j'avais comme un frisson, je me mis à rire doucement de son état, les grenades avaient fait exploser un tiers des ordinateurs et abîmé le mur. Au sol, les soldats ramassaient ce qui était les restes du général et d'un colonel ennemi. Jeanne en eut la nausée, je la pris dans mes bras, nous avions réussi et l'instant se devait de rester agréable. Tant de personnes s'étaient sacrifiées pour la réussite de cette opération mais leurs morts ne furent pas vaines. Un soldat vint nous interrompit en raclant sa gorge, je libérais Jeanne de mon étreinte pour lui laisser la possibilité de répondre.

- Mon Colonel, nous avons capturé une fille qui rôdait à l'étage.

Lise. Elle s'était faîte attrapée, ce n'était pas plus mal au moins elle avait échappé à la mort. Jeanne la dévisagea de la tête au pied, elle parut suspicieuse. Je lui dis que je connaissais cette femme et qu'elle m'avait sauvé la vie. Réfléchissant, elle tourna soudainement des talons et ordonna son exécution. Lise était paniqué, les gardes la retinrent sévèrement, j'essayais de comprendre à quoi cet ordre rimait: Jeanne s'approcha de moi et me dit que c'était pour mon bien. Mon cerveau s'arrêta net de tourner, j'avais comme un profond dégoût qui titillait mes sens. Était-ce de la jalousie? Était-elle toujours comme ça? Jeanne me parut soudainement très obscure, on aurait dit qu'elle donnait la mort à quiconque la gênait, comme les prisonniers lors de l'assaut. Je ne pouvais pas laisser faire une chose pareille.

- Je vais m'occuper personnellement de son exécution.

Jeanne me sourit, mais ce n'était pas un sourire amoureux, c'était un sourire presque sadique. Je ne pouvais plus... Je pris Lise par le bras et l'amena avec moi, aidé des deux gardes. Nous descendîmes jusqu'aux niveau -7, je prétextais devoir parler au Lieutenant Danes avant.

- Ah, Samuel, j'suis content de te voir!
- Oui, de même. J'ai besoin de toi.


Il me regarda bizarrement, je lui fis un coup d'oeil vers les gardes et il comprit aussitôt en faisant de grands gestes idiots. Nous vinmes vers les gardes, David les occupa sur un problème dans un des entrepôts concernant des caisses à trier au plus vite. Je garantis aux gardes que j'allais me charger de Lise tout seul, ils obéirent. Sans attendre, je me faufilais dans le hangar pour prendre une voiture, je plaçai Lise dans un le coffre de force et sortit de la forteresse. Il suffit simplement que je confirmai que j'étais le capitaine Wilson pour qu'on me laissa passer. Dehors la nuit était tombé, on pouvait voir un tapis d'étoiles se propageait à l'horizon. Je m'arrêtais à l'arrière d'un vieil immeuble de Pulsar et fit débarquer Lise après lui avoir donné une combinaison.

- Tiens, prend cet argent et ces rations, tu devrais pouvoir tenir assez de temps pour espérer t'enfuir de Mars.
- Pourquoi... Pourquoi vous faîtes ça?
- Je te l'ai déjà dit, je ne suis pas un assassin. J'ai certes tué de nombreux hommes ce soir mais c'est parce que je suis un militaire.


Lise me remercia et me demanda si on se reverrait un jour; je lui répondis que si ça devait arriver, ça serait à nouveau sur un champs de bataille, l'un contre l'autre. On aspirait peut-être tout deux à la paix, mais la guerre continuerait jusqu'à que l'un des deux camps gagne.

~ ~ ~ ~ ~


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